Côte d’Ivoire /Ouvrages hydrauliques à Soubré : Les autorités exigent une actualisation du projet
Le projet de 11 ouvrages hydrauliques, conçu depuis 2015, devra être réévalué pour coller aux réalités actuelles du terrain
Le projet de réalisation de onze (11) ouvrages hydrauliques dans le Département de Soubré était au centre d’une consultation publique organisée, vendredi 4 septembre 2026, à la Préfecture de Soubré. Mais au-delà de la présentation technique de l’Étude d’Impact Environnemental et Social Simplifiée (EIESS), les échanges ont surtout fait ressortir une exigence : réactualiser un projet dont l’étude initiale remonte à 2015.
Présidée par M. Konan Kouadio Ambroise, Secrétaire Général 1 de la Préfecture de Soubré, représentant le Préfet de la Région de la Nawa, Préfet du Département de Soubré, M. KOUAME BI Kalou Clément, la rencontre a réuni les autorités administratives, les services techniques et les représentants des populations.
Un projet ambitieux pour désenclaver les populations
À l’origine de cette initiative, un objectif majeur : améliorer la mobilité des populations rurales et faciliter les échanges entre les localités du Département de Soubré.
Selon M. Fofana Moussa, Chef de mission du cabinet CIRMA, le projet s’inscrit dans un programme beaucoup plus vaste portant sur la réalisation de 400 ouvrages hydrauliques de désenclavement dans les Régions du Loh-Djiboua et de la Nawa.
Réalisée pour le compte de l’AGEROUTE, l’étude prévoit notamment de contribuer à une meilleure interconnexion des localités rurales, à sécuriser les déplacements, à faciliter l’évacuation des productions agricoles et à rapprocher les populations des services essentiels, notamment la santé, l’éducation et les marchés.
Pour un département à forte vocation agricole comme Soubré, ces ouvrages représentent donc un enjeu important pour les communautés rurales.
Des emplois et une économie locale stimulée
La réalisation des ouvrages devrait également générer des retombées économiques. Création d’emplois, développement du petit commerce et des services de proximité figurent parmi les effets positifs attendus.
L’occupation temporaire de certaines parcelles pourrait, en outre, donner lieu à une rémunération des propriétaires concernés. Mais le projet n’est pas exempt de contraintes.
Des risques environnementaux et sociaux à surveiller
Les travaux pourraient entraîner une perturbation temporaire de la circulation et générer des déchets de chantier nécessitant une gestion appropriée.
Autre préoccupation : l’emprise éventuelle des travaux sur des terres agricoles. Des parcelles de riz, de maïs et de gombo, ainsi que des plantations de palmiers, pourraient être concernées.
C’est pourquoi les consultations menées auprès des autorités et des populations doivent permettre de mieux identifier les zones d’inondation, les difficultés d’accès, les espaces agricoles sensibles ainsi que les composantes de la faune et de la flore.
« Il faut reprendre l’étude »
C’est finalement sur la question de l’actualisation du projet que les échanges ont été les plus marquants.
Prenant la parole, le Secrétaire Général 1 de la Préfecture de Soubré a clairement estimé que l’étude devait être reprise. En cause : le temps écoulé depuis sa réalisation en 2015 et l’évolution des réalités locales.
Plus préoccupant encore, certains sites initialement retenus ne correspondent plus nécessairement aux besoins actuels, plusieurs ouvrages ayant déjà été réalisés.
Le responsable administratif a notamment cité trois ouvrages déjà réalisés sur l’axe de Buyo, appelant ainsi à une nouvelle évaluation des sites ciblés.
De nouveaux sites à identifier
Le Sous-Préfet de Soubré, M. Coulibaly Zana Yaya, a, pour sa part, insisté sur l’importance des besoins des populations.
« Les besoins étant énormes, il faudra redéfinir les besoins tout en gardant le nombre de réalisations prévu dans la zone, en trouvant d’autres sites ».
Une position qui traduit la volonté des autorités de ne pas remettre en cause le nombre d’ouvrages prévus, mais plutôt de mieux les répartir en fonction des besoins actuels.
Le terrain comme arbitre
Pour M. Krou Loukou Paul, Directeur Départemental des Infrastructures et de l’Entretien Routier, la réussite du projet passe nécessairement par une collaboration étroite entre les différents acteurs.
À l’issue de la rencontre, le Secrétaire Général 1 a donc invité le cabinet CIRMA à retourner sur le terrain pour réévaluer les sites et actualiser les données de l’étude.
Une étape désormais incontournable avant la poursuite du processus.
Au-delà des considérations techniques, le message des autorités et des populations semble clair : les ouvrages hydrauliques sont attendus, mais ils doivent répondre aux besoins d’aujourd’hui et non à ceux identifiés il y a plus de dix ans.
La balle est désormais dans le camp du cabinet CIRMA, appelé à confronter les données de 2015 aux réalités de 2026 pour donner une nouvelle orientation à ce projet de désenclavement tant attendu dans les zones rurales de Soubré.
Sage Saïd