Côte d’Ivoire / Soubré : Michel rassure sur son état après les faits du 17 octobre 2026
Quelques jours après l’affaire présumée de disparition de sexe qui a suscité une vive émotion dans le village de Logboayo, situé à environ six kilomètres de Soubré, O. Michel, présenté comme la victime présumée, affirme avoir repris le cours normal de ses activités quotidiennes.
Des guides religieux du village ont également livré leurs appréciations sur cette affaire qui continue de susciter des interrogations.
Après deux tentatives infructueuses pour le rencontrer physiquement, nous avons finalement pu joindre Michel par téléphone afin de prendre de ses nouvelles à la suite des faits rapportés le samedi 17 octobre 2026.
Au cours de cet entretien, il nous a rassurés sur son état et indiqué avoir repris ses occupations habituelles. Au moment de notre appel, il participait à une activité d’écabossage de cacao, signe de son retour à ses activités quotidiennes.
Interrogé sur la libération, le dimanche 18 octobre 2026, de la personne qu’il présente comme son agresseur présumé, Michel a déclaré ne nourrir aucun ressentiment particulier à son égard. « Je n’ai pas de problème avec cela, surtout qu’il a des enfants et une famille qui ont besoin de lui », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette personne aurait toutefois reçu l’injonction de quitter la localité et de ne plus y revenir. Il précise que l’intéressé venait occasionnellement dans le village pour vendre des médicaments.
Dans un esprit d’apaisement, Michel dit espérer que son présumé agresseur renonce à toute pratique malveillante. Il a également exprimé le souhait que d’éventuelles personnes exposées à de tels faits soient préservées.
Des interprétations spirituelles divergentes
Au-delà du témoignage de la victime présumée, cette affaire a suscité des réactions au sein de la communauté religieuse de Logboayo.
Monsieur N. Abou, présenté comme un marabout guérisseur, a livré son analyse de la situation en mettant l’accent sur la dimension spirituelle de l’existence humaine. Selon lui, la vie physique serait étroitement liée au monde invisible, dans lequel des rapports de force opposeraient les plus puissants aux plus faibles. Il a ainsi souligné l’importance, à ses yeux, de la protection et de l’assistance apportées aux personnes vulnérables, malgré les incompréhensions et les critiques auxquelles peuvent être confrontées certaines personnes engagées dans cette démarche.
De son côté, le pasteur Guiagui a inscrit son intervention dans une perspective chrétienne. S’appuyant sur la foi en Jésus-Christ, il a rappelé que la protection divine constitue, selon la croyance chrétienne, un refuge face aux œuvres du mal. Estimant que les personnes qui ne bénéficient pas de cette protection spirituelle peuvent être exposées à certaines pratiques malveillantes, il a lancé un appel à la population à accepter le Seigneur Jésus-Christ.
Un guide religieux musulman du village, qui nous a également reçus, a pour sa part insisté sur les valeurs morales enseignées par l’islam. Selon lui, les personnes qui se réclament de la communauté musulmane sont appelées à pratiquer le bien, conformément aux enseignements du Saint Coran. Il a encouragé les populations à privilégier les bonnes actions, rappelant que chacun doit répondre des actes qu’il pose.
Un appel à la prudence et au vivre-ensemble
Entre le témoignage de Michel, les interprétations spirituelles et les appels à la pratique du bien, cette affaire remet au centre des échanges la question de la protection des personnes et de la responsabilité individuelle au sein de la communauté.
En attendant que les circonstances exactes des faits soient établies, la prudence reste de mise face aux rumeurs et aux accusations. Le respect des personnes concernées, la recherche de la vérité et le recours aux voies légales demeurent essentiels pour préserver la cohésion sociale à Logboayo.
Sage Saïd