Côte d’Ivoire /Tiapoum : Un Plan stratégique de développement pour transformer le territoire à l’horizon 2030

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Côte d’Ivoire /Tiapoum : Un Plan stratégique de développement pour transformer le territoire à l’horizon 2030

La commune de Tiapoum, dans la région du Sud-Comoé, entend relever ses défis en matière d’infrastructures, d’éducation, de santé et de développement économique. Le Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030, officiellement remis le jeudi 1er octobre 2026 à la mairie, fixe les grandes orientations de la commune pour les cinq prochaines années.

Faire de Tiapoum un territoire attractif, économiquement diversifié, mieux équipé et résilient à l’horizon 2030. C’est l’ambition portée par le Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030, officiellement remis au maire N’Sérébé Ébily Pascal, le jeudi 1er octobre 2026, à la mairie de Tiapoum. La cérémonie s’est déroulée en présence de Coulibaly Hamidou, 4e adjoint au maire et maire résident, ainsi que de plusieurs acteurs du développement local.

Fruit d’un diagnostic territorial réalisé avec l’appui de la Chaire UNESCO « Anticipation, Prospective et Territoires Durables » de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, ce document constitue désormais un cadre de référence pour orienter les actions et les investissements de la municipalité.

Rattachée à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, la Chaire UNESCO « Anticipation, Prospective et Territoires Durables » intervient dans le domaine de l’appui aux politiques publiques. Elle accompagne notamment les collectivités territoriales, les États et les organisations sous-régionales dans l’élaboration de leurs études stratégiques.

Présentée comme la première Chaire UNESCO dédiée à la prospective en Afrique noire francophone, elle a déjà accompagné plusieurs collectivités territoriales en Côte d’Ivoire dans l’élaboration de leurs schémas régionaux d’aménagement et de leurs Plans stratégiques de développement.

Des défis à relever

Intitulée « Tiapoum, un territoire de brassage doté d’une économie diversifiée, équipé, résilient et durable », la vision retenue prend en compte les potentialités agricoles, culturelles, économiques et environnementales de cette commune frontalière du Ghana.

Le diagnostic réalisé dans le cadre du PSD révèle toutefois plusieurs insuffisances dans l’accès aux services sociaux de base, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’eau potable et de l’électricité. Les disparités entre le centre urbain et les localités périphériques, particulièrement Assué Mossi et Assué Gnamboua, constituent également un enjeu pour la municipalité.

Dans le secteur éducatif, la vétusté de certaines infrastructures, la surcharge des classes et les difficultés d’accès dans les villages périphériques sont relevées. L’absence d’un lycée professionnel apparaît également comme une contrainte pour la formation et l’insertion des jeunes.

Sur le plan économique, le document met en évidence le potentiel de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage et du commerce transfrontalier. Mais la faible transformation des productions locales, les difficultés d’accès au financement, la dégradation des pistes rurales et les contraintes foncières limitent encore la création de valeur.

Valoriser les atouts de Tiapoum

Le patrimoine culturel constitue un autre levier identifié par le PSD. Le Royaume Adouvlais-Sohié et le festival Abissa sont notamment présentés comme des atouts pouvant contribuer à la cohésion sociale, au développement touristique et à la valorisation de l’économie locale.

La commune dispose également d’un patrimoine naturel important, avec notamment les zones humides lagunaires Aby-Tendo-Éhy et la proximité de la Forêt des Marais Tanoé-Ehy. La préservation de ces espaces apparaît comme un enjeu majeur face à l’érosion, à la pollution, à la pression foncière et aux effets du changement climatique.

À l’horizon 2030, quatre grandes orientations structurent ainsi le PSD : renforcer les secteurs productifs, développer le capital humain, améliorer les infrastructures et équipements, et construire un territoire résilient et durable.

Une démarche participative

L’élaboration du document s’est appuyée sur une démarche participative associant les services administratifs, les autorités coutumières et religieuses, les organisations de jeunesse et de femmes, les opérateurs économiques et les acteurs de la société civile.

Des enquêtes de terrain, des entretiens et des consultations communautaires ont permis de recueillir les besoins et les aspirations des populations. Une enquête rue-par-rue a également permis de recenser et de localiser différents équipements sociocollectifs de la commune.

Intervenant au nom du titulaire de la Chaire UNESCO, le Dr (MC) Coulibaly a souligné que le diagnostic territorial a permis d’identifier à la fois les atouts de Tiapoum et les contraintes qui limitent leur valorisation. Il a notamment insisté sur la modernisation de l’agriculture, le développement des chaînes de valeur locales, l’amélioration de l’éducation et de la santé, ainsi que le renforcement des infrastructures.

Pour le maire N’Sérébé Ébily Pascal, ce plan constitue un outil de gouvernance locale et d’orientation des investissements. Il appelle à l’implication de l’État, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, des cadres, de la diaspora et des populations dans sa mise en œuvre.

Avec ce PSD, Tiapoum dispose désormais d’une feuille de route pour les cinq prochaines années. Le défi sera de traduire les orientations définies en actions concrètes et de répondre progressivement aux besoins identifiés dans les différents secteurs du territoire.

Solange Djébami

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