Côte d’Ivoire /Crise du cacao : Pourquoi les producteurs réclament le départ du DG
1 200 FCFA le kilogramme, des difficultés de paiement et de commercialisation, des problèmes de cartes de producteurs : la colère monte dans la filière cacao. À Daloa, les producteurs réunis au sein du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI) ne veulent plus se contenter de dénoncer. Ils réclament désormais des réponses et vont jusqu’à demander le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao.
Réunis dimanche 13 septembre 2026 au siège du SYNAPCI, dans le cadre d’une « Grande concertation pour des prises de dispositions », coordonnateurs, délégués de sections et représentants de la base ont exposé leurs difficultés et arrêté une ligne de conduite face à une situation qu’ils jugent devenue intenable.
« 1 200 francs peut nous tuer »
Au cœur de la colère : le prix du cacao. Les producteurs dénoncent le passage de 2 800 FCFA à 1 200 FCFA le kilogramme, un niveau qu’ils estiment difficilement compatible avec leurs charges. « Notre préoccupation majeure aujourd’hui, c’est le prix de 1 200 francs. Ce prix peut nous tuer », a lancé un producteur.
Pour les planteurs, les frais de scolarité, les dépenses familiales, l’entretien des plantations et les coûts de production pèsent lourdement sur leurs revenus.
Une autre question revient dans les échanges : « Pourquoi la Côte d’Ivoire, qui est le premier producteur mondial, donne 1 200 francs ? »
Paiements et commercialisation dans le viseur
La contestation ne porte toutefois pas uniquement sur le prix. Les producteurs dénoncent également des difficultés dans le paiement et la commercialisation du cacao.
Les problèmes liés au recensement et à l’obtention des cartes de producteurs ont également été évoqués. Des participants estiment que certains producteurs rencontrent des difficultés pour disposer des documents nécessaires à la commercialisation de leur production.
Face à ces difficultés, certains producteurs appellent à durcir le mouvement, allant jusqu’à demander de ne plus vendre leurs produits tant que des réponses concrètes ne seront pas apportées. « Si nous ne pouvons pas faire réellement grève, nous ne pourrons pas défendre nos intérêts », a déclaré un participant.
Le départ du DG réclamé
Au terme des différentes interventions, le responsable du SYNAPCI, Koné Moussa, a présenté les principales revendications du syndicat.
Elles portent notamment sur le prix de 1 200 FCFA, le règlement des difficultés liées au paiement et à la commercialisation, mais également sur le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao.
Koné Moussa affirme par ailleurs que le SYNAPCI compte 868 000 producteurs identifiés dans sa base de données.
Le 16 septembre comme échéance
Le SYNAPCI affirme avoir déposé un préavis de grève auprès du ministère de l’Agriculture. « Notre ultimatum, c’est à partir du mercredi 16. S’il n’y a rien de fait à partir du mercredi 16, nous allons aviser », a déclaré Koné Moussa.
Selon la décision annoncée par le syndicat, une grève illimitée doit débuter à partir du mercredi 16 septembre, si aucune réponse jugée satisfaisante n’est apportée aux revendications des producteurs.
La commercialisation sous pression
Une telle mobilisation pourrait perturber la collecte, l’achat et l’évacuation du cacao et exercer une pression supplémentaire sur l’ensemble de la chaîne de commercialisation.
À Daloa, le SYNAPCI adresse ainsi un message direct aux autorités : les producteurs veulent des réponses sur le prix, les paiements, la commercialisation et les cartes de producteurs. Ils réclament également le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao.
À quelques jours du déclenchement annoncé de la grève, la pression monte donc sur le gouvernement pour trouver une issue à cette crise avant un éventuel blocage de la commercialisation du cacao.
Solange Djébami