Côte d’Ivoire /Hausse du carburant : Le dialogue d’Amadou Koné évite une grève des transporteurs

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Côte d’Ivoire /Hausse du carburant : Le dialogue d’Amadou Koné évite une grève des transporteurs

La menace d’une grève dans le secteur des transports s’est éloignée. Trois jours après la hausse des prix du carburant annoncée par le gouvernement, le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a privilégié le dialogue avec les acteurs du secteur. Réunis ce lundi 3 août 2026 à son cabinet, à l’immeuble Postel 2001 au Plateau, transporteurs et représentants des consommateurs ont pu exposer leurs préoccupations au membre du gouvernement, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles concertations.

De 17 heures à 18 h 30, le ministre a reçu Abdoulaye Sylla, président de la Fédération nationale des syndicats des chauffeurs de Côte d’Ivoire, Ben N’Faly Soumahoro, porte-parole de la faîtière des consommateurs (G7), Adama Touré, président de la Coordination des gares routières, ainsi qu’Ibrahim Diaby, président du Haut Conseil du patronat des entreprises du transport routier ivoirien.

Cette rencontre d’urgence intervient dans un climat marqué par une forte inquiétude des professionnels du transport. L’annonce de l’augmentation des prix des carburants, le 31 juillet dernier, avait suscité de vives réactions au sein du secteur. Plusieurs organisations dénonçaient l’absence de concertation préalable et envisageaient un arrêt de travail ou une révision des tarifs du transport de personnes et de marchandises.

Au cours des échanges, les représentants des transporteurs ont rappelé leurs principales revendications. Ils ont notamment plaidé pour un allègement des péages sur les grands axes routiers, une réduction des barrages et des contrôles jugés excessifs, une lutte plus efficace contre les fausses plaques d’immatriculation, l’accélération de la convention collective du secteur, en négociation depuis 2009, ainsi qu’un renforcement du fonds de développement du transport.

Face à ces préoccupations, Amadou Koné a expliqué les raisons ayant conduit le gouvernement à ajuster les prix à la pompe. Il a rappelé que le président de la République, Alassane Ouattara, avait décidé de maintenir les prix inchangés durant tout le mois de juillet malgré la hausse des cours internationaux, afin de préserver le pouvoir d’achat des populations. Selon le ministre, sans les efforts de subvention consentis par l’État, le litre de super aurait avoisiné 1 200 FCFA et celui du gasoil près de 900 FCFA.

Le ministre a insisté sur le caractère conjoncturel de cette hausse et a invité les transporteurs à faire preuve de responsabilité en évitant toute répercussion automatique sur les tarifs appliqués aux usagers. « Ça a augmenté pour un mois. On observe, on travaille pendant qu’on observe », a-t-il déclaré, soulignant la volonté du gouvernement de poursuivre les échanges avec les différents acteurs.

Dans cette dynamique, une réunion technique est prévue dès jeudi afin d’examiner les propositions formulées par les professionnels avant leur présentation au Conseil des ministres. D’autres rencontres sont également annoncées avec les entreprises de transport structuré afin d’aboutir à des solutions durables.

À l’issue de la rencontre, les représentants des transporteurs et des consommateurs ont salué la disponibilité et l’écoute du ministre. Ils ont reconnu que ce cadre permanent de concertation a déjà permis plusieurs avancées, notamment la réduction de certains barrages routiers, la suspension de plusieurs taxes, la simplification des procédures administratives et le renouvellement progressif du parc automobile.

En réaffirmant l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes de modernisation et de professionnalisation du secteur, Amadou Koné a assuré que le dialogue restera le principal levier pour préserver la paix sociale, améliorer la compétitivité du transport et protéger durablement le pouvoir d’achat des populations. La prochaine rencontre, prévue jeudi, devrait permettre de consolider les propositions et de renforcer la collaboration entre les pouvoirs publics et les acteurs du transport.

Solange Djébami

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