Région du Gbêkê / Faible participation des femmes et des jeunes aux élections : Le CNDH sonne l’alerte et appelle à un sursaut citoyen
Région du Gbêkê / Faible participation des femmes et des jeunes aux élections : Le CNDH sonne l’alerte et appelle à un sursaut citoyen
Alors que la Côte d’Ivoire se prépare aux prochaines échéances électorales, le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) multiplie les initiatives pour renforcer l’inclusion politique. À Bouaké, une rencontre d’échanges avec les forces vives de la région a permis d’identifier les obstacles à la participation des femmes et des jeunes et de dégager des pistes de solutions pour une démocratie plus représentative.
Le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), à travers sa Commission régionale de Bouaké, a organisé une rencontre de concertation avec les forces vives du Gbêkê dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’Appui au Respect des Droits de l’Homme dans les Processus Électoraux 2025-2027 (PARDHE). Ce projet bénéficie de l’appui technique de l’Institut Danois des Droits Humains (IDDH) et du soutien financier de l’Union européenne (UE).
Cette initiative, déployée dans l’ensemble des régions du pays, vise à tirer les enseignements des précédentes élections présidentielle et législatives afin d’améliorer la participation politique des femmes et des jeunes lors des prochaines consultations électorales. Elle ambitionne également de contribuer à l’atteinte des objectifs nationaux en matière de représentativité féminine dans les assemblées élues.
À l’ouverture des travaux, la présidente de la Commission régionale des Droits de l’Homme de Gbêkê, Carine Keffa, a expliqué que cette rencontre avait pour objectif d’établir un diagnostic de la situation dans la région.
« Il s’est agi de faire un état des lieux dans la région de Gbêkê, de relever les incidents enregistrés lors des élections passées, de recueillir des témoignages, d’identifier les causes de la faible participation des jeunes et des femmes et de formuler des recommandations en vue des prochaines échéances », a-t-elle indiqué.»
Selon elle, les observations électorales réalisées par le CNDH mettent en évidence une participation encore insuffisante des jeunes et des femmes, aussi bien en tant qu’électeurs qu’en qualité de candidats, malgré le climat apaisé qui a marqué les derniers scrutins dans la région.
Les organisations de la société civile saluées
Durant plus de deux heures d’échanges, Bielé Nourgo, président de la Fondation Alliance pour la Paix Communautaire Internationale et défenseur des droits de l’Homme, a animé une communication axée sur la consolidation des élections apaisées et le rôle des organisations de la société civile dans la mobilisation citoyenne.
À l’issue des travaux, il s’est réjoui de l’engagement des acteurs associatifs du Gbêkê.
« Les organisations de la société civile de la région sont très engagées. Elles ont conduit plusieurs actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer auprès des autorités locales en faveur d’élections apaisées », a-t-il déclaré ».
Un appel à une plus forte implication des jeunes et des femmes
Si les dernières élections se sont déroulées dans un climat relativement serein dans le Gbêkê, le faible engagement politique des jeunes et des femmes demeure une préoccupation majeure. Pour Bielé Nourgo, leur implication est indispensable à la consolidation de la démocratie.
« Les jeunes sont le moteur du changement. Ils constituent une force capable de porter le développement. Chacun doit prendre ses responsabilités, s’inscrire sur la liste électorale et participer activement au choix des dirigeants du pays », a-t-il exhorté, invitant particulièrement la jeunesse à se mobiliser en perspective des élections locales de 2028 ».
Au terme de cette rencontre, les participants ont formulé plusieurs recommandations, notamment l’organisation d’ateliers de changement de comportement, le renforcement des capacités des jeunes et des femmes, ainsi que l’intensification des campagnes de sensibilisation sur la participation citoyenne.
Par cette démarche, le CNDH réaffirme sa volonté de promouvoir des processus électoraux inclusifs et de favoriser une meilleure représentation des femmes et des jeunes dans les instances de décision, gage d’une démocratie plus participative en Côte d’Ivoire.
J C