Côte d’Ivoire / Cinquantenaire de l’ESCA : Adama Diawara engage l’État pour faire de l’ESCA une business school africaine de référence

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Côte d’Ivoire / Cinquantenaire de l’ESCA : Adama Diawara engage l’État pour faire de l’ESCA une business school africaine de référence

Le rideau est tombé, ce vendredi, sur les festivités marquant les cinquante ans de l’École Supérieure de Commerce d’Abidjan (ESCA). Mais au-delà de la célébration historique, c’est surtout une nouvelle ambition qui s’est imposée : transformer l’ESCA en un véritable business school africaine de référence, capable de rivaliser avec les grandes institutions du continent.

Après une ouverture solennelle présidée jeudi par le Vice-Président de la République, Téné Birahima Ouattara, la cérémonie de clôture a été conduite par le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Adama Diawara. Un moment fort, marqué par une vision claire, des engagements assumés et un plaidoyer sans détour en faveur d’une refondation stratégique de l’enseignement supérieur ivoirien.

Dans une intervention magistrale, le ministre a réaffirmé la mission fondamentale assignée à son département : former des ressources humaines de qualité capables d’accompagner efficacement le développement économique et social de la Côte d’Ivoire. Et pour lui, le projet porté par l’ESCA s’inscrit parfaitement dans cette dynamique nationale.

« Ce projet répond pleinement à la mission qui nous a été confiée », a insisté le ministre, rappelant les deux piliers de cette mission : la formation de compétences de haut niveau et la recherche scientifique orientée vers des solutions concrètes pour la nation.

Le projet de transformation présenté à l’autorité ministérielle repose sur une déclaration d’engagement structurée autour de six axes majeurs : faire de l’ESCA une business school africaine de référence, restaurer son statut d’école à part entière, instaurer une gouvernance partenariale, former des dirigeants aux standards internationaux, développer l’entrepreneuriat et renforcer la recherche, l’innovation ainsi que la solidarité intergénérationnelle.

Visiblement séduit par cette vision, le ministre Adama Diawara a pris un engagement fort en apportant le soutien de l’État à cette ambition institutionnelle. Pour lui, la réussite d’un tel projet passe nécessairement par le recrutement d’enseignants de haut niveau, ivoiriens, africains et internationaux, afin de repositionner durablement la Côte d’Ivoire comme un hub régional majeur de l’enseignement supérieur.

Selon le ministre, cette transformation pourrait générer trois bénéfices structurels essentiels : la réduction des coûts unitaires de formation, la limitation de la fuite des cerveaux et la reconquête du leadership académique régional perdu durant les années de crise.

« C’est une œuvre collective, une co-construction que nous devons mener ensemble », a-t-il déclaré avec conviction, avant d’ajouter : « Je suis persuadé que nous allons y arriver ».

Mais le sujet qui mobilise le plus le ministre demeure l’entrepreneuriat. Face au paradoxe d’un chômage élevé chez les diplômés du supérieur, Adama Diawara appelle à une rupture profonde dans les modèles de formation. Citant des statistiques du Bureau International du Travail (BIT), il a révélé que le taux de chômage global était de 4,7 % au troisième trimestre 2025, mais atteignait 13,7 % chez les diplômés de l’enseignement supérieur.

Pour lui, cette réalité impose un changement de paradigme. « Si nos diplômés continuent de dépendre exclusivement de la fonction publique et des entreprises privées classiques, nous n’y arriverons pas. Il faut désormais penser auto-emploi et entrepreneuriat », a-t-il plaidé.

Créée en 1975, l’ESCA a déjà formé plus de quarante-cinq générations de cadres et de dirigeants. Cinquante ans après sa naissance, l’institution entend désormais franchir un nouveau cap : devenir un pôle africain d’excellence, un incubateur de talents et un levier stratégique de transformation économique et sociale pour le continent.

Une ambition pleinement assumée par l’État ivoirien, à travers l’engagement personnel du ministre Adama Diawara.

Valery Kelly

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