Cérémonie d’ouverture du cinquantenaire de l’ESCA : Les grands témoins tracent la voie de l’ESCA Business School

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Cérémonie d’ouverture du cinquantenaire de l’ESCA : Les grands témoins tracent la voie de l’ESCA Business School

L’École Supérieure de Commerce d’Abidjan (ESCA) a officiellement ouvert, ce jeudi 11 juin à Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody, les festivités de son cinquantenaire. La cérémonie d’ouverture ce cinquantenaire de l’ESCA a réuni plusieurs centaines de dirigeants d’entreprise, de membres du gouvernement et de représentants du monde académique.

Un demi-siècle après sa création par le président Félix Houphouët-Boigny, l’institution a fait de cette cérémonie bien plus qu’un anniversaire : un acte politique et stratégique en faveur de la souveraineté éducative de la Côte d’Ivoire.

Une institution qui a forgé des générations de bâtisseurs

Depuis 1975, l’ESCA a formé des générations de cadres, de managers et d’entrepreneurs qui irriguent aujourd’hui l’ensemble des secteurs de la vie économique, politique et sociale ivoirienne et bien au-delà des frontières nationales. Son concours d’entrée, autrefois redouté et convoité à l’échelle régionale, son niveau d’exigence académique calqué dès l’origine sur les programmes des grandes écoles françaises, et son réseau d’alumni présent dans les capitales du monde, en ont fait une référence incontestée de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest francophone. En cinq décennies et quarante-cinq promotions, l’ESCA a produit plus de mille diplômés, dont sept ont exercé ou exercent des fonctions ministérielles au sein des gouvernements successifs de la République.

La cérémonie d’ouverture, présidée par le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, représentant le Vice-Président de la République Tiémoko Meyliet Koné, haut patron de la célébration, a donné lieu à des prises de parole d’une densité intellectuelle et émotionnelle remarquable, portées par des alumni devenus eux-mêmes des figures tutélaires de la vie économique nationale.

Patrick Achi : l’ESCA, actif stratégique d’une nation en compétition

Parrain de la cérémonie, Jérôme Patrick Achi, Président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre de Côte d’Ivoire, a livré l’une des interventions les plus attendues. Avec l’autorité de celui qui a côtoyé les diplômés de l’ESCA dans les plus hautes sphères de l’État : « ils apprenaient vite, ils comprenaient vite, ils délivraient avec rigueur et sous pression, ils avaient cette qualité si rare et si recherchée : l’insolence des curieux », le Président de l’Assemblée nationale a posé la question de l’avenir avec une urgence stratégique assumée.

« Quelle ESCA voulons-nous bâtir demain pour qu’il continue de rayonner en 2075 ? Une ESCA qui demeure fidèle à son exigence fondatrice, mais qui ouvre de nouveaux espaces de conquête — dans sa formation, en s’affirmant pleinement comme une grande business school ; dans ses partenariats pour rapprocher l’école, l’entreprise, l’innovation et l’entrepreneuriat ; dans sa production intellectuelle pour nourrir la réflexion économique ivoirienne, africaine et mondiale ; et dans son rayonnement pour faire de son diplôme un label d’excellence, de rigueur et de confiance reconnu au niveau international. », a développé Jérôme Patrick Achi.

Évoquant les bouleversements engendrés par l’intelligence artificielle — dont l’IA générative pourrait affecter près de 40 % des emplois dans le monde, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne a formulé ce qui constitue désormais la nouvelle mission des business schools africaines : « Les nations qui domineront ces compétences domineront leur destin et domineront le monde. Voilà pourquoi l’ESCA a un rôle majeur à jouer : former les leaders de demain capables de s’adapter et d’innover sans cesse, de mobiliser des énergies autour de projets collectifs, et de transformer le savoir en impact au profit du développement de la nation et du progrès des populations », a-t-il plaidé.

Un cinquantenaire tourné vers l’action et les résultats

Le Ministre Essis Emmanuel, Président du Comité d’Organisation du Cinquantenaire et alumni promotion 1983, a fixé l’horizon de ces deux journées avec une clarté revendiquée : « Nous n’avions pas seulement à préparer deux journées de cérémonie. Nous avions à donner un sens à un héritage. Notre ambition a donc été claire dès le départ : être dignes des cinquante années écoulées, mais surtout être utiles aux cinquante prochaines années. »

Sous son impulsion, le cinquantenaire s’est structuré autour de quatre piliers opérationnels : un forum stratégique sur les compétences et les mutations économiques présidé par Jean Kacou Diagou, une foire emploi-entrepreneuriat sous la présidence du Ministre Mamadou Touré, une vitrine de la jeunesse ESCA avec le concours de pitch ESCA IMPACT 50, et une nuit du réseau alumni. Des livrables concrets sont attendus à l’issue des travaux : un livre blanc de recommandations de politique publique, un répertoire des entrepreneurs ESCA, un rapport d’impact, une publication intergénérationnelle intitulée 50 idées pour la nation, et le lancement d’un projet d’école verte. Des conventions cadres sont en cours de finalisation avec la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGCI), l’INSEA et l’INPHB, consacrant la vocation de l’ESCA à irriguer l’ensemble de l’écosystème économique et académique national.

Téné Birahima Ouattara : l’État au rendez-vous de l’excellence

Patron de la cérémonie, représentant le Vice-Président de la République Tiémoko Meyliet Koné, le Vice Premier Ministre et Ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a déclaré les travaux du Cinquantenaire officiellement ouverts. Dans son allocution, il a salué le rôle structurant de l’ESCA dans la construction du capital humain ivoirien, rappelant que sous le leadership du Président Alassane Ouattara, la formation de la jeunesse est érigée en priorité nationale. Portant un message d’exigence directement adressé aux étudiants présents dans la salle, il a déclaré :

« Soyez des modèles pour les générations futures. Soyez guidés par des valeurs essentielles telles que l’intégrité, la rigueur et l’excellence. Que votre leadership soit toujours à la hauteur des responsabilités qui vous seront confiées dans votre vie professionnelle. Soyez de véritables ambassadeurs de l’ESCA, à l’image de ceux qui vous ont précédés et qui font aujourd’hui la fierté de cette institution. »

Le Vice Premier Ministre a également souligné le rayonnement international de l’institution : « 50 ans après, la réputation de l’ESCA dépasse largement les frontières de notre pays. De nombreux ressortissants de pays frères et amis choisissent l’ESCA pour leur formation. Cette ouverture internationale mérite d’être saluée, car elle honore notre pays et témoigne du prestige de cet établissement. »

Le plaidoyer convergent pour une ESCA Business School

La journée a également été marquée par l’intervention de Thierry Tanoh, major de sa promotion ESCA 1985, ancien Vice-Président de la Société Financière Internationale (Groupe Banque mondiale) et ex-ministre du Pétrole et de l’Énergie. Dans une adresse analytique et souveraine, il a rappelé que « notre devoir n’est pas de faire de l’ESCA la copie d’Harvard ou de la London School of Economics, mais de faire de l’ESCA ce que ces grandes universités sont chez elles : un levier de souveraineté, un aimant à talent, un ambassadeur de notre nation. » Quatre voix d’autorité, une seule conviction : l’ESCA Business School n’est plus un rêve, c’est une nécessité nationale.

Témoin privilégié de l’histoire de l’ESCA — dont il a été membre du jury pendant plusieurs années et dont sa société fut l’une des premières entreprises partenaires —, Jean Kacou Diagou, Président du Groupe NSIA et Président du Forum stratégique du Cinquantenaire, a porté un diagnostic sans concession sur le décrochage de l’institution, avant de formuler un appel à la mobilisation collective : « Le concours d’entrée à l’ESCA, c’était un événement national. Chaque année, tous les élèves, dans les différents pays et dans les différents lycées, se préparaient avec fièvre. Et quand vous réussissiez, c’était plus que le bac. Il appartient à tout le monde de faire en sorte que nous ayons une ESCA forte, rayonnante, et que les étudiants rêvent chaque année d’y entrer. Il n’y a pas de grande puissance économique dans le monde sans grandes écoles. »

Un message d’autant plus écouté que M. Diagou s’exprimait non pas en simple observateur, mais en acteur engagé : c’est lui qui, membre du jury de l’école, avait autrefois exigé la moyenne de 12 dans toutes les matières pour le passage d’une année à l’autre, convaincu que l’exigence est le premier des investissements.

Prenant la parole au nom du secteur privé ivoirien, Ahmed Cissé, Président de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), a ancré son intervention dans une conviction économique fondamentale, rappelant avec force le rôle indéfectible du patronat aux côtés de l’école : « Depuis 15 ans, il n’y a pas eu un seul gouvernement en Côte d’Ivoire qui n’a compté un diplômé de l’ESCA dans ses rangs. Le capital humain est le seul investissement qui ne se déprécie jamais. C’est par la synergie entre l’État et le patronat que nous parviendrons à bâtir un système éducatif robuste, inclusif et résolument tourné vers l’avenir. »

Une posture d’engagement concret, illustrée par l’annonce de la consécration du Forum économique annuel de la CGECI Academy 2026, prévu les 29 et 30 octobre au Sofitel Hôtel Ivoire, à la question du capital humain, confirmant que la mobilisation du patronat autour de l’ESCA dépasse le symbole pour entrer dans l’action.

Président de la cérémonie en sa qualité de ministre de tutelle de l’ESCA, Adama Diawara, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, a tenu à poser d’emblée le cadre intellectuel de son intervention : il n’était pas venu pour une simple commémoration, mais pour célébrer, selon ses propres termes, « un chantier d’avenir ».

C’est dans cet esprit qu’il a livré ce qui restera comme l’une des formules les plus percutantes de la matinée : « Une grande école n’est pas une dépense de prestige, c’est un investissement de la nation sur elle-même. L’excellence ne se décrète pas, elle se construit. Le projet que cette communauté porte aujourd’hui n’est pas une simple extension, c’est une reconnaissance. Faire émerger ici, à Abidjan, un business school de référence, sélective et professionnalisante, capable de retenir nos meilleurs talents sur notre sol, voilà une opportunité pour la Côte d’Ivoire tout entière. »

Une déclaration de soutien politique aussitôt assortie d’un rappel de rigueur institutionnelle : le repositionnement de l’ESCA en business school bénéficie, a-t-il confirmé, « du plein soutien institutionnel » de son département, mais dans « le strict respect du cadre légal » qui régit l’enseignement supérieur ivoirien, ouvrant ainsi la voie à un chantier juridique et académique que les journées du Cinquantenaire auront pour mission de baliser.

« Le cinquantenaire de l’ESCA n’est pas l’aboutissement d’une histoire, c’est le commencement d’un nouveau Chapitre, un chapitre que nous devons écrire ensemble, avec les étudiants, avec ambition, avec solidarité et avec excellence, pour que demain, lorsque les générations futures célébreront le centenaire de l’ESCA, elles puissent dire à leur tour : nous avons été à la hauteur de l’héritage que nous avons reçu », a résumé Laciné Diaby, Président de la Senior ESCA, maître d’ouvrage du Cinquantenaire. Les travaux du forum stratégique et de la foire emploi-entrepreneuriat se poursuivent ce jeudi 11 et demain 12 juin 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire, Abidjan.

À propos de l’ESCA et de la Senior ESCA

Fondée en 1975 sous l’impulsion du Président Félix Houphouët-Boigny et du Ministre Ange-François-Barry Batesti, l’École Supérieure de Commerce d’Abidjan est une filière historique de l’École Supérieure de Commerce et d’Administration des Entreprises (ESCAE) au sein de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. En cinq décennies et quarante-cinq promotions, elle a produit plus de mille diplômés au service du développement économique de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. La Senior ESCA est l’association officielle des diplômés.

Sercom

 

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