Daloa / Pénurie d’eau : Nahi Konankro attend une réponse des autorités
À Nahi Konankro, village créé en 1965 et situé à une trentaine de kilomètres de Daloa, dans la sous-préfecture de Bédiala, la pénurie d’eau est devenue un problème majeur de survie quotidienne. Dans cette localité du Haut-Sassandra qui compte environ 1 500 habitants, l’accès à l’eau potable reste une préoccupation constante.
Chaque jour, les femmes parcourent de longues distances dès les premières heures de la matinée pour aller chercher de l’eau. Bassines et bidons en main, elles empruntent des pistes difficiles dans l’espoir de trouver de quoi subvenir aux besoins de leurs familles. Une tâche devenue épuisante et incertaine.
« Nous nous levons à 4 heures du matin pour chercher de l’eau. Parfois, nous marchons jusqu’à 6 kilomètres. Et souvent, nous revenons avec une seule cuvette, ou même rien du tout », témoigne Yao Affoué Monique, habitante du village.
Autrefois, les populations s’approvisionnaient dans les puits du village. Mais ceux-ci se sont progressivement taris au fil des années. Face à cette situation, les habitants se sont tournés vers les marigots situés à environ un kilomètre du village. « Avant, les puits nous donnaient de l’eau. Aujourd’hui, ils sont secs. Même les marigots commencent à disparaître », explique N’Goran Amoin Edith, une habitante.
Cependant, cette solution de repli ne suffit plus. Les marigots sont à leur tour fortement sollicités et commencent à se tarir. L’eau qui y est disponible est souvent stagnante, trouble et impropre à la consommation, exposant les populations à des risques sanitaires importants.
« Cette eau nous rend malades. Nous sommes obligés de la faire bouillir avant de la boire », alerte Kouassi Camir, inquiet pour la santé des habitants.
Les conditions d’accès à l’eau aggravent davantage la situation. Les longues distances, les chemins accidentés et les départs très tôt le matin rendent cette corvée encore plus pénible, notamment pour les femmes. « Nos femmes partent très tôt et reviennent tard. Elles sont parfois exposées aux morsures de serpents », déplore N’Guessan N’Goran Firmin, président de la jeunesse du village.
Face à cette crise persistante, les populations de Nahi Konankro lancent un appel aux autorités pour une intervention rapide et durable.
« Nous attendons une réponse des autorités. Il nous faut des puits modernes et des infrastructures hydrauliques pour améliorer nos conditions de vie », plaide Kouakou Yao Serges, habitant du village.
Après près de 60 ans d’existence, Nahi Konankro reste confronté à une pénurie d’eau qui impacte lourdement le quotidien de ses habitants. En attendant des solutions concrètes, les populations continuent de vivre dans la précarité hydrique, dans l’espoir d’une intervention rapide des pouvoirs publics.
Solange Djébami