Face aux dérives éthiques dans le sport, la Côte d’Ivoire prend les devants avec un programme universitaire pionnier

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Face aux dérives éthiques dans le sport, la Côte d’Ivoire prend les devants avec un programme universitaire pionnier

Dans un contexte mondial marqué par la montée des pratiques frauduleuses, de la corruption et du dopage dans le sport, la Côte d’Ivoire pose un geste fort. Du 10 au 13 août 2025, à Yamoussoukro, s’est tenue une série d’ateliers interinstitutionnels destinés à jeter les bases d’un ambitieux programme de formation et de certification sur l’éthique, les valeurs et l’intégrité dans le sport (PEVIS-CI).

Portée par l’UNESCO, en partenariat avec l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS), la Chaire UNESCO de Bioéthique, le CSCTICAO, et le Ministère Délégué chargé des Sports et du Cadre de Vie, cette initiative vise à faire de l’éthique un axe structurant de la formation des futurs cadres du sport et au-delà.

Former pour prévenir : un pari sur la jeunesse et l’éducation

Ce programme innovant, qui sera officiellement lancé à la rentrée universitaire 2025-2026, a pour ambition de former plus de 4 000 étudiants, de la Licence 1 au Master 1, sur des thématiques centrales:

La gouvernance éthique du sport, L’éthique publique et environnementale, La lutte contre les pratiques déloyales, le dopage et la mauvaise gouvernance.

Aligné aux standards internationaux de certification académique (crédits ECTS, modalités d’évaluation, certification officielle), il constitue une première sur le continent africain et répond à une demande mondiale exprimée auprès de l’UNESCO depuis plusieurs années.

La phase de conception, marquée par les ateliers à Yamoussoukro, a mobilisé un éventail d’acteurs : représentants ministériels, experts internationaux, enseignants-chercheurs, et institutions universitaires.

Marcellin Dally, Secrétaire exécutif de la Convention antidopage de l’UNESCO, a rappelé que cette initiative illustre parfaitement « l’engagement de l’Organisation à accompagner des politiques nationales ambitieuses, structurantes, et porteuses de transformation ».

Pr Poamé Lazare, président honoraire de l’Université Alassane Ouattara et titulaire de la Chaire UNESCO de Bioéthique, a présenté la vision philosophique et méthodologique de ce projet. Il a notamment insisté sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans les outils pédagogiques, et sur la nécessité d’un modèle économique durable pour assurer la pérennité du programme.

Représentant le Dr N’Guessan Kouamé, directeur de la Formation Continue à l’INJS, le Dr Disseka Paterson Valéry a salué le projet comme une opportunité unique d’ancrer les valeurs morales au cœur de la formation des encadreurs sportifs.

Il a également présenté les résultats d’une étude préalable réalisée à l’INJS, qui a permis d’identifier une base pédagogique existante sur laquelle appuyer les futurs modules. Ces travaux ont conduit à l’élaboration d’un ensemble cohérent de contenus adaptés aux réalités locales, mais à ambition internationale.

Des livrables concrets et un calendrier déjà établi

À l’issue des ateliers, plusieurs livrables clés ont été validés : Les modules de formation (contenus pédagogiques, objectifs d’apprentissage, évaluation, crédits ECTS), Une feuille de route opérationnelle et un dispositif de gouvernance confié à l’INJS, La mobilisation d’un corps enseignant mixte (national et international), Un plan de communication pour accompagner le lancement officiel.

Au-delà de l’objectif national, le programme PEVIS-CI vise à servir de modèle pour d’autres pays africains, en réponse aux enjeux communs de cohésion sociale, de citoyenneté, et de transparence dans le sport.

En initiant ce projet, la Côte d’Ivoire affirme son rôle de leadership en matière d’éthique appliquée au sport, et inscrit cette ambition dans une vision durable, alignée aux Objectifs de Développement Durable (ODD) et aux priorités de l’UNESCO.

Solange Djébami

 

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