Issia/ 1ère édition de Ahizé Festival des Arts de la Culture et du Tourisme du Haut Sassandra : Pari gagné par le commissaire général Désiré Logroan
Issia/ 1ère édition de Ahizé Festival des Arts de la Culture et du Tourisme du Haut Sassandra : Pari gagné par le commissaire général Désiré Logroan
Les lampions se sont éteints sur la 1ère édition de Ahizé Festival des Arts de la Culture et du Tourisme du Haut Sassandra, célébré le 17 novembre 2024 à Issia, la cité du Zagoté (Le Coq annonciateur du jour). Ahizé Festival des Arts de la Culture et du Tourisme du Haut Sassandra, est un rendez-vous culturel qui, par excellence, veut mettre en exergue le riche patrimoine culturel et touristique des peuples Bété, Niaboua d’Issia, de Daloa, de Zoukougbeu et Gouro de Vavoua.
Du 15 jusqu’au 17, la ville d’Issia a vibré au rythme des chants cadencés par des pas de danse puisés dans la pure tradition du terroir. Comme ils savent bien le faire depuis longtemps, le bal a été ouvert par le grand masque appelé Zigla du village de Béza qui n’a pas failli à la règle de démonstration de son talent en effectuant majestueusement les différents gestes de maniement de son accoutrement vestimentaire composé de son habit (Yadico) tissé en paille de raphia , coiffé d’un chapeau (Glêcoro) aussi entouré de paille de raphia et de cauris qui cache son visage, raison pour laquelle, il est appelé ‘’Masque’’ ou ‘’Gla’’ ou encore ‘’Glai’ selon l’ethnie à laquelle l’on appartient.
Tous les pas de danse du masque sont accompagnés par deux groupes composés de chansonniers et de tapeurs de tam-tams dans une orchestration mélodieuse. Le Zigla de Béza a, au cours de prestation, arraché des ovations du public qui effectué massivement le déplacement.
Après le passage du Zigla de Béza, a suivi la prestation des Petits Danseurs d’Issia dont l’âge se situe entre 7 à 15 ans, dans leur parure ont leur entrée sur la scène sous les acclamations du public. Ces génies de la danse traditionnelle n’ont rien à prouver car ils ont été à plusieurs reprises accompagné le président Félix Houphouët-Boigny à l’extérieur du pays, lors de ses visites officielles pour leur talent. Le public n’est pas resté indifférent, il a manifesté sa joie par un tonnerre d’applaudissements.
Émerveillés, les spectateurs ont applaudi les talentueux danseurs d’Issia. Les Petits Danseurs d’Issia originaires du village de Gaponoroguhé allient talent majestueusement rythmé dans un mélange de chansons et sons de tam-tams.
Le commissaire général, M. Désiré Logroan, ayant la tête dans le modernisme mais les pieds dans la tradition, contre toute attente, a réussi le pari de valorisation du riche patrimoine culturel et touristique que regorge Issia. Cette première édition, est un appel solennel lancé aux fils et filles d’Issia, de Daloa, de Vavoua et de Zoukougbeu que désormais un espace d’expression culturelle leur est dédié afin de montrer aux yeux du monde que leur voix compte dans le concert des grandes nations de culture.
« Je suis content et fier d’avoir organisé cette première édition de la culture de chez-nous qui a tenu toutes ses promesses, à l’instar des autres régions du pays. Je voudrais faire allusion à l’Abissa, aux fêtes d’igname, de génération au travers desquelles ces peuples s’identifient aisément en promouvant tout ce qu’ils possèdent comme valeur ancestrale et touristique. Car chaque peuple se distingue à partir de sa culture et de son savoir-faire de sa tradition. Et Issia, Daloa, Vavoua et Zoukougbeu ne doivent pas être en marge de ce qu’il nous faut pour être au rendez-vous de la mondialisation. La culture est l’essence d’un peuple. Aujourd’hui, on nous parle du retour de nos instruments et autres objets de valeur de notre culture. C’est une raison importante pour nous de saisir l’opportunité et mettre à jour notre savoir-faire culturel. De ce fait, la diaspora Bété et Niaboua, doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour s’approprier ce projet et écrire en lettre d’or notre existence. Si nous ne prenions garde maintenant, nous serons responsables et comptables de notre propre ‘’disparition’’ et les générations futures nous tiendront rigueur de ce qui leur arrivera », a prévenu Désiré Logroan, le commissaire général. Durant trois jours, les opérateurs économiques de la ville d’issia, exerçant dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et de l’artisanat, ont vu leurs chiffres d’affaires s’améliorer.
« Nous saluons l’initiateur de ce festival, M. Désiré Logroan et son équipe d’avoir organisé cette grande fête de la culture et du tourisme. Honnêtement Issia en manquait, surtout qu’on connait Issia en tant que ville riche au plan culturel à cause de ses Petits Danseurs qui ont fait la fierté de la ville. Ailleurs, d’autres ont réussi à conserver leurs cultures à travers lesquelles ils sont identifiés. Nos enfants d’aujourd’hui, ne connaissent pas les traces de leurs ancêtres ; nos langues sont en voie de disparition malheureusement et c’est dommage. Nous disons grand merci au commissaire général, Désiré Logroan pour avoir pensé à la renaissance de cette identité culturelle qui va booster le développement de tous les secteurs d’activité de la ville. C’est pourquoi, nous demandons à tout le monde, surtout à la diaspora ivoirienne Bété de soutenir le projet de Désiré Logroan afin de redonner à Issia sa place dans le concert culturel des nations », a déclaré Dame Koré, fille d’Issia.
Les engagements pris pour célébrer cette première édition ont été honorés. Tout s’est déroulé dans de meilleures conditions sans incident, l’on peut sans le risque de se tromper, dire que le pari a été gagné. Une œuvre humaine n’étant jamais parfaite, il faut reconnaître avec modestie, le courage de l’initiateur de cette fête des arts de la culture et du tourisme du Haut Sassandra. La deuxième édition est un autre challenge.
Désirée TAPE
Légende photo : M. Désiré Logroan, commissaire général de Ahizé Festival.
Les Petits Danseurs d’Issia, une fierté pour la culture locale à pérenniser.