Crise de cacao en Côte d’Ivoire / Koné Moussa maintient la pression : « Notre grève est en train de faire un effet vraiment remarquable »

Crise de cacao en Côte d’Ivoire / Koné Moussa maintient la pression : « Notre grève est en train de faire un effet vraiment remarquable »

Le président du Syndicat national agricole pour le progrès de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), Koné Moussa, maintient la pression dans le cadre de la grève des producteurs de cacao, lancée le 16 septembre 2026. En tournée dans les zones de production, il a rencontré les planteurs à Bandiahi, dans la zone de Bédiala, où il s’est félicité de la mobilisation observée depuis le début du mouvement.

« C’est un sentiment de fierté. Je félicite nos braves producteurs », a déclaré Koné Moussa devant les producteurs réunis pour l’écouter.

Selon le président du SYNAP-CI, la mobilisation commence à produire les effets recherchés. Il évoque notamment une forte baisse des arrivages de cacao dans les ports d’Abidjan. « On a constaté la quasi-totalité de l’absence de cacao dans les deux ports. Et nous avons vu que nos producteurs sont mobilisés. La grève se passe comme nous l’avons souhaité », a-t-il affirmé.

Pour lui, cette situation traduit l’adhésion des producteurs au mot d’ordre lancé par le syndicat.

« Le terrain nous appartient »

Koné Moussa estime également que la mobilisation oblige désormais les structures chargées de la gestion de la filière à se rapprocher des producteurs. « Aujourd’hui, le Conseil du Café-Cacao est obligé de sortir de son immeuble pour venir sur le terrain, parce que le cacao ne vient pas à Abidjan », a-t-il lancé.

Le responsable syndical a également contesté certaines informations relatives aux volumes de cacao achetés depuis le début de la grève, affirmant que des exportateurs avaient démenti certains chiffres avancés.

Pour lui, cette situation confirme l’impact du mouvement. « Notre grève est en train de faire un effet vraiment remarquable », a-t-il soutenu.

Koné Moussa considère que cette mobilisation doit également permettre à l’opinion nationale et internationale de mesurer le poids des producteurs dans la filière.

« C’était l’objectif recherché : que l’opinion nationale et internationale sache qui contrôle le terrain. Le terrain nous appartient. C’est nous qui sommes les producteurs », a-t-il martelé.

Une nouvelle gestion réclamée

Le président du SYNAP-CI a toutefois précisé que le mouvement ne vise pas le gouvernement. « Nous, on n’a rien contre le gouvernement », a-t-il déclaré.

Il réclame en revanche une nouvelle gestion du secteur, qu’il juge confronté à des difficultés récurrentes. « Notre secteur est mal géré. C’est mal géré de sorte qu’on ne s’en sort pas. Chaque année, on ne passe que de blocage à blocage », a-t-il dénoncé.

Pour Koné Moussa, les producteurs doivent pouvoir vivre convenablement de leur activité. « Le planteur se bat pour cultiver, pour produire, pour nourrir sa famille et pour inscrire ses enfants à l’école. Mais aujourd’hui, ces conditions ne sont pas réunies. Notre travail n’est pas rémunérateur », a-t-il expliqué.

Les producteurs de Bédiala affichent leur soutien

Au nom des producteurs de Bédiala, le porte-parole Tra Honoré a apporté son soutien au mouvement du SYNAP-CI.

Saluant l’engagement de Koné Moussa, il a déclaré : « Nous, les planteurs, c’est lui notre papa. C’est lui qui nous défend. S’il n’est pas devant nous, rien ne peut marcher. »

Tra Honoré a également évoqué les difficultés d’écoulement du cacao rencontrées par certains producteurs et a attribué au président du SYNAP-CI un rôle dans l’amélioration du prix lors de la campagne précédente, notamment autour de 2 800 FCFA.

Il a réaffirmé l’adhésion des producteurs de Bédiala à la grève. « Nous, producteurs de Bédiala, souhaitons que cette grève aboutisse », a-t-il déclaré.

Pour le porte-parole, les planteurs doivent pouvoir bénéficier d’une rémunération à la hauteur de leurs efforts. « Nous sommes producteurs. Nous sommes des ouvriers. Grâce à nous, aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao », a-t-il soutenu.

S’appuyant sur l’adage « l’ouvrier mérite son salaire », Tra Honoré a appelé à une évolution de la gestion de la filière.

Il a finalement formulé une revendication forte au nom des producteurs de Bédiala : « Nous, producteurs de Bédiala, demandons purement et simplement le départ du Conseil du Café-Cacao. »

« Ne récupérez pas notre combat »

Autre volet de l’intervention de Koné Moussa : la mise en garde contre la récupération politique.

Le président du SYNAP-CI affirme que certaines images de la mobilisation sont utilisées pour présenter le mouvement comme une action politique contre le régime du président Alassane Ouattara. « Certaines personnes utilisent nos images pour faire croire que notre combat est un combat pour déstabiliser le système du président Alassane Ouattara », a-t-il dénoncé.

Il rappelle que son organisation se veut apolitique. « Je demande aux politiques de faire leur travail qui est politique. Nous, nous sommes dans le cacao. Notre syndicat est apolitique », a-t-il martelé.

Avant de lancer cet appel : « Ne récupérez pas notre combat. Si vous ne pouvez pas nous aider, ne nous mettez pas en difficulté. »

Vers une nouvelle étape à Abidjan

Koné Moussa a enfin appelé les producteurs à maintenir leur mobilisation et annoncé la poursuite du mouvement à Abidjan. « Nous demandons aux producteurs de demeurer mobilisés en attendant l’assaut final qui sera fait à la Caistab, à Abidjan », a-t-il déclaré.

À Bédiala, le SYNAP-CI entend ainsi maintenir la pression autour de ses revendications, tandis que les producteurs réaffirment leur soutien au mouvement lancé depuis le 16 septembre.

Solange Djébami

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