Côte d’Ivoire /Bouaké : Le front commun de l’État contre la drogue et l’incivisme franchit un nouveau cap

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Côte d’Ivoire /Bouaké : Le front commun de l’État contre la drogue et l’incivisme franchit un nouveau cap

La lutte contre l’incivisme routier et la prolifération de la drogue franchit un nouveau cap. Ce dimanche 13 septembre 2026, Bouaké accueille le lancement officiel de la campagne nationale consacrée à ces deux fléaux. Une mobilisation qui réunit autour d’une même tribune trois membres du gouvernement : Amadou Koné, ministre des Transports et des Affaires maritimes, Vagondo Diomandé, ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, et Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique.

À travers cette présence conjointe, l’État entend donner une dimension nationale à un combat déjà engagé sur le terrain. Le message est clair : « Non à la drogue. Non à l’incivisme routier. » La cérémonie prévue à l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Bouaké marque ainsi le passage d’initiatives locales à une action coordonnée à l’échelle du pays.

Bouaké, laboratoire de la riposte

Depuis plusieurs semaines, la capitale du Gbêkê constitue l’un des principaux théâtres de cette offensive. Le 7 septembre, l’opération consacrée au port obligatoire du casque avait permis de contrôler 150 motos et de dresser 462 contraventions. Des engins avaient également été mis en fourrière.

La lutte contre les produits illicites s’est menée simultanément. Vingt-deux fumoirs ont été visités et détruits, avec 14 interpellations et près de deux tonnes de comprimés de médicaments falsifiés saisies.

À Korhogo et Abidjan, d’autres opérations ont également été conduites contre les comportements dangereux des usagers de deux-roues. À Abidjan, la Direction de la police spéciale de sécurité routière a notamment saisi plusieurs dizaines de motos pour non-port du casque, défaut de permis ou circulation interdite sur certains axes.

Pour les autorités, la phase de sensibilisation doit désormais laisser place à l’application effective des règles.

Une urgence dictée par les chiffres

À Bouaké, l’urgence est particulièrement visible. Entre le 1er janvier et le 19 août 2026, 675 accidents ont été recensés, impliquant notamment 293 motos et 46 tricycles. Le bilan fait état de 63 décès.

Des chiffres qui avaient conduit le maire de Bouaké, Amadou Koné, à tirer la sonnette d’alarme devant le Conseil municipal. « 63 jeunes morts cette année à Bouaké du fait d’accidents de la route. C’est inacceptable », avait-il déclaré.

À l’échelle nationale, les accidents de la circulation ont également causé plus de 1 200 décès en 2025, dont plus de 400 parmi les usagers de deux et trois-roues.

Les trois leviers de l’État

La présence simultanée des ministères des Transports, de l’Intérieur et de la Sécurité et de la Jeunesse traduit la volonté d’agir sur plusieurs fronts.

Le ministère des Transports intervient sur la sécurité routière, l’identification des engins et le respect des règles de circulation. Le ministère de l’Intérieur mobilise les forces de sécurité pour les contrôles et les opérations de répression. Le ministère de la Jeunesse doit, lui, agir sur la prévention, l’encadrement et l’insertion des jeunes, particulièrement nombreux parmi les usagers de motos et les victimes d’accidents.

Cette approche est accompagnée de nouveaux outils. À Bouaké, le Guichet unique automobile assure depuis le 8 septembre la fabrication et la pose des nouvelles plaques d’immatriculation sécurisées pour les deux et trois-roues. Équipées notamment d’un QR code et d’un film de sécurité, elles doivent contribuer à lutter contre les fausses immatriculations et faciliter l’identification des engins.

Une opération appelée à durer

Le dispositif bouakéen est annoncé pour au moins trois mois, avec des évaluations régulières. Des restrictions de circulation sont également prévues sur certains axes, tandis que l’identification des motos-taxis doit se poursuivre.

Au-delà de Bouaké, l’enjeu est désormais de maintenir la pression dans la durée. Pour les autorités, il ne s’agit plus d’une opération ponctuelle, mais de l’installation d’un dispositif coordonné entre collectivités, services de l’État et forces de défense et de sécurité.

Le lancement national de ce dimanche doit ainsi servir de point de départ à une mobilisation élargie contre deux fléaux qui touchent particulièrement la jeunesse : l’incivisme routier et la drogue.

Solange Djébami

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