TENNIS / ELIJAH SANOGO, Le talent que la Côte d’Ivoire veut récupérer

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TENNIS / ELIJAH SANOGO, Le talent que la Côte d’Ivoire veut récupérer

À 17 ans, le jeune prodige ivoirien a déjà les yeux rivés sur le circuit professionnel. Mais pour la FIT, le temps presse : il faut convaincre Elijah… et son père.

La Côte d’Ivoire ne veut plus laisser filer ses pépites. Et pour Elijah Sanogo, la Fédération ivoirienne de Tennis (FIT) a décidé de jouer son va-tout.

Ce jeudi 19 aout, l’émissaire du président, Dr Sylvère Koyo, en la personne de Me Arthur Mady, Secrétaire général de la FIT, Me Arthur, a rencontré, à l’hôtel Méridien de Paris, Adama Sanogo, père du jeune tennisman. Au menu : l’avenir sportif d’Elijah et la possibilité de le voir, demain, porter les couleurs de la Côte d’Ivoire.

Mais derrière cette rencontre se cache une véritable bataille de séduction. Car le jeune Sanogo est déjà engagé sur une trajectoire ambitieuse. Et dans sa tête, une destination est clairement identifiée : le très haut niveau.

LA RAQUETTE DANS LA PEAU DEPUIS QUATRE ANS…

Chez Elijah, le tennis n’est pas une découverte récente. Depuis l’âge de quatre ans, la raquette ne l’a plus quitté.

À 12 ans, alors que beaucoup de jeunes de son âge vivent encore au rythme familial, Elijah fait un choix fort : quitter le cocon familial pour aller vivre pleinement sa passion et se consacrer au tennis de haut niveau.

Direction l’All In Tennis Academy, structure fondée notamment par l’ancien champion français Jo-Wilfried Tsonga. Une étape déterminante dans la construction du jeune joueur.

Depuis, Elijah collectionne les performances et affirme progressivement son potentiel. Quadruple champion départemental du Val-d’Oise en 2022, 2024 et 2025, il poursuit sa progression avec un objectif qui ne souffre d’aucune ambiguïté : devenir joueur professionnel.

Son rêve olympique est également bien présent, avec la perspective de représenter la France aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

C’est précisément à ce moment de sa trajectoire que la Côte d’Ivoire entre dans la danse.

LA FIT, SORTIR LE GRAND JEU

Le président de la FIT, Dr Sylvère Koyo, veut convaincre Elijah de regarder également vers la terre de ses origines.

La mission ne sera pas simple.

Il faudra de beucoup pour convaincre Adama Sanogo, le père, qui assure seul jusque-là les charges pour le développement sportif de son fils, mais surtout le principal intéressé : Elijah lui-même.

Sur le papier, l’option ivoirienne pourrait pourtant apparaître comme une évidence. Porter les couleurs du pays de ses origines, bénéficier d’un accompagnement fédéral et contribuer à écrire une nouvelle page du tennis ivoirien : le scénario a de quoi séduire.

Mais à 17 ans, Elijah a déjà construit son projet. Son choix sportif semble, pour l’heure, solidement orienté vers la France et son rêve olympique.

La FIT devra donc proposer davantage qu’un simple appel patriotique.

Elle devra présenter un véritable projet de carrière.

LE PLUS DUR COMMENCE APRÈS LE « OUI »

Car convaincre Elijah ne serait que la première étape.

Pour attirer un jeune joueur qui ambitionne le circuit professionnel, encore faut-il pouvoir financer et structurer son ascension.

Elijah s’entraîne aujourd’hui quotidiennement avec son nouveau club, l’ASM Belfort Tennis. Entraînements, encadrement technique, compétitions, déplacements internationaux, hébergement, équipements… les besoins d’un jeune joueur lancé vers le haut niveau sont considérables.

À cela s’ajoutent les coûts liés à la participation aux compétitions internationales sous l’égide de l’ITF, indispensables pour accumuler de l’expérience, engranger des points et progresser dans la hiérarchie mondiale.

La FIT pourrait ainsi se porter candidate pour mettre en place un véritable dispositif fédéral d’accompagnement, capable de prendre en charge une partie de cette équation.

BESOIN D’UN PROJET, PAS SEULEMENT D’UN DRAPEAU

À 17 ans, Elijah vit déjà seul et doit apprendre à gérer les exigences d’une carrière sportive de haut niveau. Derrière le jeune homme et son talent, il y a donc un projet lourd, coûteux et exigeant.

La Côte d’Ivoire peut-elle lui offrir ce cadre ?

C’est toute la question.

Si Dr Koyo et son équipe fédérale réussissent à convaincre le jeune Sanogo, la véritable bataille commencera alors : faire de lui un ambassadeur du tennis ivoirien et l’accompagner jusqu’aux portes du circuit professionnel.

Le défi est immense. Mais l’opportunité l’est tout autant.

Car Elijah Sanogo n’est pas simplement un jeune joueur que la Côte d’Ivoire souhaite récupérer.

C’est peut-être l’un des futurs visages de son tennis qu’elle est en train de tenter de conquérir.

Valery Kelly

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