Violences numériques faites aux femmes : LEADAFRICAINES et POLLICY mobilisent les institutions pour une riposte coordonnée
Violences numériques faites aux femmes : LEADAFRICAINES et POLLICY mobilisent les institutions pour une riposte coordonnée
Face à la recrudescence des violences basées sur le genre facilitées par les technologies, l’ONG Leadafricaines et Pollicy ont organisé, le jeudi 22 octobre 2026, à l’Hôtel Famille Mondiale d’Abidjan, un dialogue de haut niveau réunissant plusieurs institutions publiques, organisations de la société civile et acteurs engagés dans la protection des droits des femmes. Objectif : renforcer la prévention et les mécanismes de réponse face à ce phénomène grandissant.
Les espaces numériques, devenus incontournables dans les débats démocratiques, constituent également un terrain d’exposition croissante aux violences faites aux femmes. Cyberharcèlement, insultes sexistes, campagnes de désinformation, divulgation d’informations personnelles et diffusion non consentie de contenus intimes sont autant de pratiques qui menacent leur liberté d’expression et leur participation aux instances de décision.
C’est autour de cette problématique que s’est tenu ce dialogue de haut niveau, organisé par Leadafricaines, en partenariat avec Pollicy, dans le cadre de l’initiative VOTE:Women. La rencontre a enregistré la participation de plusieurs structures institutionnelles et organisations partenaires, notamment la représentation du président de l’Assemblée nationale, le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC), la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), l’Autorité nationale de la presse (ANP), l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI), ainsi que le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP).
Cette mobilisation multisectorielle a permis de croiser les regards et les expériences autour d’un défi qui interpelle aussi bien les pouvoirs publics que les organisations de défense des droits humains et les acteurs du numérique.
Au cours des travaux, Pollicy a présenté les résultats de son étude consacrée à l’analyse des violences en ligne ciblant les femmes leaders. Les recherches ont notamment mis en évidence le caractère évolutif et parfois coordonné de ces attaques, particulièrement en période électorale. Leur objectif est souvent de discréditer les femmes, de fragiliser leur légitimité et de les réduire au silence dans les espaces de débat et de décision.
La situation ivoirienne appelle également à une vigilance accrue. Selon les données de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), 12 100 dossiers de cybercriminalité ont été enregistrés en 2024, soit une progression de 84 % par rapport à 2022.
Les échanges ont ainsi porté sur l’application des textes juridiques, l’amélioration des mécanismes de signalement, l’accompagnement psychosocial et judiciaire des survivantes, ainsi que la responsabilisation des plateformes numériques.
Au-delà du diagnostic, les participants ont été invités à identifier des priorités communes et des pistes de collaboration susceptibles de renforcer les dispositifs de prévention, de protection et de prise en charge des victimes.
À travers cette initiative, Leadafricaines et Pollicy entendent contribuer à l’émergence d’un environnement numérique plus sûr et inclusif. Un enjeu essentiel pour garantir aux femmes, notamment celles engagées dans la vie politique et citoyenne, le droit de participer pleinement au débat public sans subir de violences ni de menaces.
Car la lutte contre les violences numériques faites aux femmes dépasse désormais la seule question de la sécurité en ligne : elle constitue également un enjeu de droits humains, d’égalité et de consolidation démocratique.
Ronel K.