Côte d’Ivoire / Crise dans la filière Cacao : A Bouaflé, Koné Moussa appelle les producteurs à « tenir »

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Côte d’Ivoire / Crise dans la filière Cacao : A Bouaflé, Koné Moussa appelle les producteurs à « tenir »

« Il faut qu’on arrive à tenir. » À Bouaflé, le président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), Koné Moussa, a appelé les producteurs de cacao à maintenir leur mobilisation autour des revendications portées par son organisation. Son message a été délivré lundi 21 septembre 2026, à l’occasion de la première étape de la tournée nationale du syndicat dans les zones productrices de cacao.

Devant des producteurs venus de plusieurs villages, campements et hameaux de la Marahoué, Koné Moussa a défendu la poursuite de la mobilisation engagée par le SYNAP-CI depuis le 16 septembre.

Pour le responsable syndical, cette grève ne relève pas d’une démarche politique, mais répond, selon lui, aux difficultés économiques rencontrées par les producteurs. « La grève-là, ce n’est pas un combat politique, mais c’est un combat de survie », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, Koné Moussa a appelé à tirer les enseignements des difficultés rencontrées dans la commercialisation du cacao et à revoir les mécanismes qui, selon le syndicat, ne permettent pas de répondre suffisamment aux préoccupations des producteurs. « Quelque chose qui ne marche pas, on ne continue pas à poursuivre ça. Nous sommes des humains, le système, c’est une œuvre des humains. Quand ça ne marche pas, il faut d’autres intelligences pour améliorer. On n’a qu’à essayer d’améliorer le système », a-t-il soutenu.

Parmi les mécanismes contestés figure notamment la vente anticipée. « La vente anticipée nous pose beaucoup de problèmes », a affirmé le président du SYNAP-CI, qui estime que les conditions de commercialisation doivent être davantage adaptées à la réalité des producteurs.

Le syndicat réclame également la mise en place d’un comité d’urgence pour sauver la campagne café-cacao, ainsi que des changements dans la gestion de la filière.

Les producteurs mobilisés à Bouaflé ont, de leur côté, affiché leur soutien à ces revendications.

Pour le président du SYNAP-CI, l’enjeu dépasse donc la seule commercialisation du cacao. Il concerne directement les conditions de vie des familles qui dépendent de la production agricole. « Notre vie, c’est nos plantations », a-t-il rappelé devant les planteurs.

Le message du président du SYNAP-CI a trouvé un écho auprès des producteurs présents à la rencontre. Sur les pancartes brandies dans la salle et aux abords de la cérémonie, plusieurs messages réclamaient notamment le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, Yves Koné Ibrahim, ainsi que la création d’un comité d’urgence.

Le coordonnateur régional, Goré Bi Tiéssé Roméo, a lui aussi appelé les producteurs à soutenir le combat syndical. « C’est ce combat-là que le SYNAP-CI mène, pour que nos conditions puissent changer, pour qu’on puisse nous respecter », a-t-il déclaré.

Un planteur venu de Gola, accompagné d’une délégation, a expliqué avoir fait le déplacement pour écouter le président du syndicat avant de retourner transmettre son message aux producteurs de son village.

Après les échanges de Bouaflé, les producteurs venus des différentes localités de la Marahoué ont repris le chemin de leurs villages, campements et hameaux. Avec eux, le message délivré par Koné Moussa doit désormais être relayé auprès d’autres planteurs.

La tournée nationale du SYNAP-CI doit ainsi se poursuivre dans les différentes zones productrices de cacao. À Bouaflé, la première étape aura surtout permis au syndicat de rencontrer les producteurs sur le terrain et à ces derniers de repartir avec les revendications et les orientations présentées par leur organisation.

Solange Djébami

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