Côte d’Ivoire /Lutte Contre l’Orpaillage Illégal à Yakassé Attobrou : Le préfet Kohué Djédjé lance une concertation générale pour éradiquer le fléau
Côte d’Ivoire /Lutte Contre l’Orpaillage Illégal à Yakassé Attobrou : Le préfet Kohué Djédjé lance une concertation générale pour éradiquer le fléau
Ce lundi 31 Août 2026, à la salle des mariages de la mairie de Yakassé Attobrou, se jouait probablement la messe de Requiem de l’orpaillage illégal dans tous les villages du département de Yakassé Attobrou, localité située à 23 kilomètres à l’Est d’Adzopé.
À l’initiative de cette décision salvatrice pour l’écosystème, le préfet du département, Kohué Djédjé a convoqué, conformément aux recommandations du Conseil National de Sécurité (CNS), une réunion de concertation avec les directeurs départementaux concernés, les chefs de service, les chefs de terre, de village, les présidents de mutuelle de développement, les responsables du secteur minier, les présidents des associations de jeunes et de femmes… Tous avaient répondu à l’appel.
Certainement excédé par la persistance de ce phénomène, le Gouverneur a lancé »un haro » sur ce désastre écologique et social qu’est l’orpaillage illégal par cette boutade reprise en chœur par tous : « Arrêtez ! Vous allez nous tuer tous »
Le ton ainsi donné, M.Kohué Djédjé a rappelé l’opportunité de cette rencontre préparatoire visant à trouver les mécanismes idoines pour enrayer ce fléau. Les avis et recommandations à l’issue des travaux seront portés à la connaissance du CNS.
Sans ambages, le Gouverneur a rappelé que l’exploitation de l’or est une activité réglementée en Côte d’Ivoire au titre de la loi n° 2024-138 portant code minier ; l’exercice des activités d’exploitation minière est soumis à autorisation. En conséquence, toute autre activité contre ce cadre légal est versée dans l’illégalité.
La directrice régionale des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mme Shé Rébecca, quant à elle, a présenté à travers un document PowerPoint très instructif, le désastre écologique et sécuritaire occasionné par l’orpaillage illégal dans le département.
Des images de désolation, de terres excavées…Des mineurs souvent scolarisés en action. Selon ses statistiques, la région de la Mé compte 31 sites dont une dizaine à Yakassé Attobrou, employant entre 50 et 100 personnes. Les sites légalement installés sont très peu malheureusement. Elle a également donné les causes de ce phénomène et expliqué les procédures à suivre pour exercer légalement et librement ce métier garanti par la Constitution ivoirienne.
Le ministre Séka Séka, vice-président du Cesec, fils du département, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’hypocrisie de certains chefs de village. Pour ce faire, Il les appelle à s’engager résolument contre l’orpaillage illégal qui ne dessert que des intérêts étrangers pendant que la population autochtone végète dans la misère, contrainte de vivre dans un environnement défiguré et pollué.
La deuxième articulation de cette réunion de concertation a permis aux différents acteurs de donner leurs avis et recommandations.
À cette occasion, certains chefs ont, par exemple, demandé que les acteurs soient exclusivement de nationalité ivoirienne pour éviter la fuite des fonds vers l’extérieur. D’autres, avec beaucoup de peine, constatent que ce pays qui s’est solidement bâti sur l’agriculture, voit ses plantations de cacao détruites au profit de l’orpaillage, un mirage qui détourne les jeunes du travail de la terre.
Dans son discours de clôture, le préfet Kohué Djédjé a exprimé tout son engagement à faire respecter les directives du gouvernement quoique cela dérange des intérêts égoïstes. Il a par ailleurs, a affirmé qu’il est de l’intérêt de l’État de Côte d’Ivoire de recadrer cette activité en installant des unités industrielles pour en tirer profit et garantir la traçabilité de l’or sorti des entrailles de territoire ivoirien.
Enfin, il a promis de régler les litiges nés dans les villages à cause de ce fléau qui désagrège les familles. Après 3 heures d’échange, très houleux parfois, les protagonistes ont produit un document consensuel contenant les avis et recommandations, document devant être versé auprès des autorités afin de mettre fin à l’exploitation illégale de l’or.
Une chose est sûre, la répression engagée par l’État, ces dernières semaines porte déjà ses fruits. Nous avons constaté un départ massif du département de ses prédateurs écologiques. Vers où ? Nul ne le sait.
Konaté ML