Gastronomie / Coupe du monde, Bocuse d’Or Afrique 2026 : La confiance des Éléphants, le rôle de l’Etat pour décrocher la victoire pour Lyon.
Gastronomie / Coupe du monde, Bocuse d’Or Afrique 2026 : La confiance des Éléphants, le rôle de l’Etat pour décrocher la victoire pour Lyon.
LYON ATTEND LA CÔTE D’IVOIRE
La coupe du monde de la gastronomie a lieu en 2027 à Lyon en France. Mais Marrakech devra désigner du 22 au 24 septembre 2026, au Bocuse d’Or Afrique, les deux pays qui vont représenter l’Afrique. La Côte d’Ivoire avec Babli Djenan et les siens veulent écrire une page inédite de la gastronomie ivoirienne, en remportant l’une des 2 places qualificatives. Mais pour gagner, il faudra aussi les moyens de l’ambition. Le soutien de l’État est attendu.
Chef Abdoul Traoré, apportera son coaching à Dominique Babli Djenan, côté cuisine
Pour une première participation, la Côte d’Ivoire tient peut-être entre ses mains l’une de ses plus belles opportunités de rayonnement international. Du 22 au 24 septembre 2026 à Marrakech, le pays va engager ses meilleurs atouts dans la course africaine au Bocuse d’Or, considéré comme l’une des plus prestigieuses compétitions gastronomiques au monde.
Et cette fois, le pari est double.
Cuisine et pâtisserie. Deux équipes ivoiriennes. Deux possibilités de qualification pour la finale mondiale de Lyon. Une équation simple sur le papier. Un véritable défi sur le terrain. Mais l’Ivoirien Babli Dominique Djenan et ses cequipiers sont confiants. Ils veulent frapper fort.
Chef exécutif de l’Hôtel Président de Yamoussoukro, Dominique Babli Djenan n’entend pas découvrir Marrakech en touriste.
Dix-huit années de métier, une expérience forgée au contact des grandes exigences de la restauration et la confiance de ses pairs du Réseau des Chefs Ivoiriens et de la Diaspora : le chef arrive avec une idée fixe.
Qualifier la Côte d’Ivoire.
Pour l’accompagner dans cette bataille, Chef Abdoul Traoré, Directeur général du restaurant L’Atelier d’Afrique à Treichville, assure le coaching de l’équipe dans la categorie cuisine.
Le message de la brigade est limpide : il ne s’agit plus de participer, mais de se mesurer aux meilleurs.
Cinq heures trente (5 h 30) pour changer de dimension
À Marrakech, le talent seul ne suffira pas. Pendant 5 h 30, les candidats devront conjuguer endurance, précision, créativité et maîtrise technique. Chaque préparation, chaque geste, chaque détail du dressage pourra faire basculer le verdict.
Dans ce genre de compétition, quelques grammes, quelques secondes ou une mauvaise décision peuvent séparer le rêve de Lyon d’un retour à Abidjan. La Côte d’Ivoire devra donc jouer juste. Très juste.
Quand le Pont ADO devient une signature gastronomique
Pour raconter le pays à travers son assiette, Babli Djenan et son équipe ont choisi un symbole fort : le Pont Alassane Ouattara. L’ouvrage emblématique du Grand Abidjan devient ainsi source d’inspiration pour la présentation culinaire.
Un choix qui dépasse l’esthétique.
Il s’agit de montrer une Côte d’Ivoire moderne, créative, ambitieuse et capable de transformer son patrimoine contemporain en langage gastronomique. Faire manger la Côte d’Ivoire au monde : le défi est là.
25 millions de FCFA : le prix de l’ambition
Reste une réalité incontournable : l’excellence internationale coûte cher. Pour permettre aux deux équipes de préparer et disputer la compétition dans des conditions optimales, l’organisation évalue ses besoins à environ 25 millions de FCFA.
Billets d’avion, visas, équipements, tenues, ingrédients, plateaux, maquettes, entraînements… derrière quelques minutes de présentation et quelques assiettes se cachent des semaines, voire des mois de préparation.
Et c’est ici que se pose la question essentielle :
L’État sera-t-il au rendez-vous ?
La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics.
Car si la Côte d’Ivoire ambitionne de faire de la gastronomie un véritable instrument d’attractivité, de tourisme et de rayonnement international, le Bocuse d’Or constitue une vitrine exceptionnelle.
Les chefs ont le talent.
Ils ont l’expérience. Ils ont l’ambition.
Ce qui leur manque, c’est la force d’un accompagnement à la hauteur du défi. « Avec le budget que nous sollicitons et le soutien de l’État, nous promettons de revenir avec la qualification pour la phase finale à Lyon », assure Dominique Babli Djenan. Une promesse qui ressemble aussi à un appel.
Deux équipes. Deux billets. Un pays derrière ses chefs.
Le football a construit ses légendes dans les stades. La gastronomie peut, elle aussi, offrir à la Côte d’Ivoire des moments de fierté et de visibilité mondiale. À Marrakech, les chefs ivoiriens auront cinq heures trente pour convaincre un jury.
Mais avant cela, une autre équipe doit jouer son rôle : celle de la Côte d’Ivoire tout entière.
Le secteur privé, les professionnels, les partenaires et surtout l’État ont l’occasion de transformer une ambition individuelle en cause nationale.
Parce qu’au bout de la compétition, il n’y aura pas seulement une médaille. Il pourrait y avoir deux passeports ivoiriens pour Lyon. Et cette fois, la Côte d’Ivoire ne demande pas de rêver petit. Elle demande les moyens de voir grand.
Kelly Vallery