Côte d’Ivoire /Bouaké : Le fromager centenaire de Nimbo s’effondre, trois morts et une adolescente encore hospitalisée
Côte d’Ivoire /Bouaké : Le fromager centenaire de Nimbo s’effondre, trois morts et une adolescente encore hospitalisée
Un arbre séculaire, symbole de la ville de Bouaké, s’est abattu dans la nuit de vendredi à samedi sur le site du quartier Nimbo, faisant trois morts et trois blessés. Le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, également maire de Bouaké, s’est rendu ce dimanche sur les lieux du drame puis au CHU pour apporter son soutien aux familles et aux victimes.
C’est aux premières heures du samedi 11 juillet 2026, vers 4h05, que le drame s’est produit. Le fromager centenaire du quartier Nimbo, à Bouaké, s’est effondré, entraînant dans sa chute d’importants dégâts matériels et humains. L’alerte a immédiatement été donnée aux sapeurs-pompiers.
« C’est autour de 4h05 le samedi 11 juillet que j’ai été alerté de la chute de l’arbre », a expliqué le sous-lieutenant Abou Coulibaly, chef des opérations du groupement des sapeurs-pompiers de Bouaké. Une équipe de secours a aussitôt été mobilisée sur place.
Un bilan lourd : trois morts, trois blessés
Le bilan de la catastrophe est douloureux. Les secours ont découvert trois personnes décédées , deux femmes et un homme , ainsi que trois blessés, deux hommes et une femme. Parmi les blessés, deux ont été admis au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké. L’un d’eux a pu regagner son domicile dès le samedi après avoir reçu les premiers soins. Seule une jeune fille de 16 ans demeure hospitalisée.
Le maire sur le terrain, puis au chevet des blessés
Ce dimanche 12 juillet, le ministre Amadou Koné s’est rendu en personne sur le site du drame, entouré des chefs coutumiers et responsables du quartier Nimbo, du secrétaire général de préfecture, de membres du conseil municipal et de nombreux habitants. Il a salué la promptitude des sapeurs-pompiers et la solidarité des riverains, premiers à porter secours aux victimes, et a présenté ses condoléances et celles du gouvernement aux familles endeuillées, ainsi que ses vœux de prompt rétablissement aux blessés.
Le maire a ensuite annoncé l’aménagement futur de l’espace qui abritait le fromager, un site connu à Bouaké sous le nom de rue « princesse », réputé pour son animation nocturne.
La délégation s’est ensuite rendue au CHU de Bouaké pour témoigner sa solidarité aux blessés et s’enquérir de leur prise en charge, notamment de celle de la jeune fille encore hospitalisée.
« Un moment de tristesse qui fait partie de l’histoire de la ville »
S’adressant à la presse à l’issue de sa visite, Amadou Koné n’a pas caché son émotion. Il a rappelé que le fromager tombé dans la nuit du 10 au 11 juillet représentait bien plus qu’un simple arbre pour les habitants de Bouaké : un repère de l’histoire de la cité, mais aussi un lieu chargé de sens pour les traditions locales. Les chefs coutumiers présents lui auraient d’ailleurs confirmé le caractère sacré du site selon les coutumes de la région.
« C’est un moment de tristesse pour Bouaké, car cet arbre fait partie de l’histoire de la ville », a-t-il déclaré, avant de saluer la mobilisation des forces de l’ordre, du corps médical et du directeur régional de la Santé auprès des victimes.
Au nom du gouvernement et du président Alassane Ouattara, le ministre a présenté ses sincères condoléances aux familles des victimes et a assuré que la municipalité accompagnerait la jeune blessée encore hospitalisée.
Réaménager l’espace et lutter contre l’urbanisation anarchique
Au-delà de l’émotion suscitée par le drame, Amadou Koné a profité de sa visite pour annoncer une réflexion, en concertation avec les populations riveraines, sur le réaménagement de l’ensemble de l’espace qui abritait le fromager. Il a rappelé que la mairie travaillait depuis deux ans à corriger le désordre urbain accumulé au fil des années à Bouaké : lotissements non autorisés, marchés informels, installations anarchiques aux abords des établissements scolaires.
« Ce travail doit se faire avec méthode, car il s’inscrit dans la durée », a-t-il insisté, précisant que la préservation de l’environnement et de la flore de la ville dont ce fromager séculaire faisait partie, serait pleinement intégrée aux projets municipaux en cours. Il a assuré que les investissements anarchiques réalisés sans autorisation continueraient d’être régularisés ou corrigés, et que la préservation des autres formations végétales de la ville resterait une priorité de la municipalité.
Solange Djébami