Côte d’Ivoire /District du Zanzan : Le SAVOD-CI veut sortir l’or ivoirien de l’informel

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Côte d’Ivoire /District du Zanzan : Le SAVOD-CI veut sortir l’or ivoirien de l’informel

Malgré son important potentiel aurifère, la Côte d’Ivoire peine encore à tirer pleinement profit de ses ressources en or. L’orpaillage illégal, la fraude, la contrebande et la faible traçabilité des métaux précieux continuent de priver l’État de recettes considérables, tout en alimentant l’insécurité et la dégradation de l’environnement. Face à cette réalité, le Syndicat des acheteurs et vendeurs d’or et de diamants de Côte d’Ivoire (SAVOD-CI) entend jouer sa partition pour faire sortir la filière de l’informel.

C’est dans cette optique que le SAVOD-CI a investi, le mercredi 1er juillet 2026 à Bouna, quinze (15) délégués régionaux, de district et départementaux pour le district du Zanzan. Cette cérémonie, qui marque la cinquième étape de la tournée nationale du syndicat, a réuni les autorités administratives, les représentants du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, les Forces de défense et de sécurité, les chefs traditionnels ainsi que les acteurs de la filière aurifère.

Selon les estimations présentées au cours de la rencontre, l’orpaillage illégal ferait perdre à l’État ivoirien plus de 4 600 milliards de FCFA. Cette activité favorise également la fraude, la contrebande des substances précieuses, le blanchiment de capitaux, la pollution des cours d’eau, la dégradation des terres et l’insécurité dans plusieurs zones d’exploitation.

Le district du Zanzan, qui comprend les régions du Gontougo et du Bounkani, figure parmi les principales zones à fort potentiel aurifère du pays. À travers l’installation de ces quinze délégués, le SAVOD-CI entend renforcer sa présence de proximité afin d’accompagner les exploitants et les commerçants vers une exploitation légale, responsable et mieux organisée.

Prenant la parole, le président du SAVOD-CI, Soumahoro Ibrahima, a expliqué que le syndicat a été créé pour fédérer les acteurs exerçant légalement dans le commerce de l’or et des diamants et accompagner l’État dans l’assainissement du secteur minier.

Il a rappelé que les pertes engendrées par l’exploitation clandestine représentent autant de ressources qui pourraient être investies dans la construction de routes, de ponts, d’établissements scolaires, de centres de santé et d’autres infrastructures de développement.

« Notre ambition est de faire passer ce secteur des ténèbres à la lumière », a-t-il déclaré. Pour y parvenir, il a exhorté les nouveaux délégués à faire de la sensibilisation leur priorité, à encourager la création de coopératives et à accompagner les opérateurs dans leurs démarches administratives afin qu’ils rejoignent le circuit légal.

Au nom des délégués investis, Ouattara Seydou, porte-parole des représentants du Bounkani, a assuré que les nouveaux responsables travailleront en étroite collaboration avec les autorités administratives, les services techniques des mines et les Forces de défense et de sécurité. Il s’est engagé à promouvoir le respect des textes en vigueur et à contribuer à l’amélioration de la production officiellement déclarée, estimée à 969 kilogrammes d’or, un niveau considéré comme inférieur au potentiel réel du pays.

Représentant le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Hassita Kouyaté, chargé d’études à la Direction régionale des Mines et de la Géologie, a souligné que la formalisation de la filière constitue un enjeu majeur pour renforcer la gouvernance du secteur minier. Il a invité les nouveaux délégués à promouvoir la traçabilité de l’or, le respect du Code minier et la collaboration avec l’administration.

Présidant la cérémonie, le préfet de la région du Bounkani, préfet du département de Bouna, Chérif Brahima, a salué cette initiative, qu’il considère comme un soutien aux efforts du Gouvernement pour assainir le secteur minier. Il a rappelé que seule une exploitation responsable, transparente et conforme à la réglementation permettra aux richesses aurifères de contribuer pleinement au développement économique et social des régions.

Après cette étape dans le district du Zanzan, le SAVOD-CI poursuivra sa tournée nationale d’investiture à Yamoussoukro et à Daoukro. À travers ce déploiement progressif, le syndicat ambitionne de couvrir l’ensemble du territoire national afin de faire de la formalisation, de la traçabilité et de la bonne gouvernance les principaux leviers de développement de la filière aurifère ivoirienne.

Solange Djébami

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