Côte d’Ivoire /Totrodou (Kouibly) : Un projet de reforestation communautaire pour restaurer les terres et renforcer les moyens de subsistance
Côte d’Ivoire /Totrodou (Kouibly) : Un projet de reforestation communautaire pour restaurer les terres et renforcer les moyens de subsistance
Restaurer les terres dégradées, protéger l’environnement et améliorer durablement les conditions de vie des populations rurales. Tel est l’objectif principal du projet de reforestation communautaire lancé le mercredi 11 mars 2026 dans la sous-préfecture de Totrodou, département de Kouibly.
Portée par un partenariat entre Nestlé, ETG (Beyond Beans) et la société Forest Cover, cette initiative vise à reconstruire progressivement le couvert forestier dans le domaine rural, en impliquant directement les communautés locales. Pour l’année 2026, le projet prévoit le reboisement de 40 hectares dans les zones de production de cacao.
Selon Sanogo Brahima, technicien superviseur de zone, ce projet répond à une urgence environnementale. « Il s’agit de restaurer les terres dégradées tout en travaillant main dans la main avec les communautés. Leur implication est essentielle pour garantir la réussite de cette initiative », a-t-il expliqué.
Au-delà de la plantation d’arbres, le projet ambitionne d’apporter des solutions concrètes aux effets de la déforestation et du changement climatique. Il vise notamment à améliorer la fertilité des sols, préserver les ressources en eau et créer un environnement favorable à la production agricole.
Pour Daléba Guy Roger, superviseur régional zone Ouest de ETG, cette initiative s’inscrit dans une vision stratégique. « Aujourd’hui, la disparition progressive des forêts fragilise fortement les plantations de cacao. En introduisant des arbres dans les exploitations, nous apportons de l’ombrage, nous améliorons le sol et contribuons à une meilleure régulation du climat », a-t-il souligné.
Le projet repose sur une approche participative. Les populations locales sont appelées à mettre à disposition des parcelles dégradées, à participer aux travaux de plantation et à assurer l’entretien des jeunes plants. En contrepartie, elles bénéficieront d’une rémunération ainsi que d’opportunités économiques à long terme.
Chaque exploitant signera un protocole d’accord définissant ses droits et responsabilités. Les arbres plantés resteront la propriété des détenteurs des terres, avec des perspectives de revenus liées aux paiements pour services environnementaux et à l’exploitation future du bois après une période minimale de 25 ans.
La mise en œuvre du projet est assurée par la société Forest Cover, chargée de coordonner les activités de terrain et d’assurer le suivi des plantations. En parallèle, les services des Eaux et Forêts, en collaboration avec le projet de Paiement pour la Réduction des Émissions (PRE), mènent des actions de recensement des producteurs engagés dans le reboisement. Des paiements sont attendus dans les prochaines semaines.
La cérémonie de lancement a également été marquée par une séance de sensibilisation sur les dangers des feux de brousse et les conséquences de la déforestation. Les populations ont été exhortées à adopter des pratiques agricoles responsables.
Présidant la rencontre, le sous-préfet de Totrodou, Assi Thierry Yapo, a salué une initiative qu’il considère comme une réponse concrète aux défis environnementaux. « Ce projet tombe à point nommé. La demande des populations dépasse même les 40 hectares prévus. Si les partenaires suivent, nous pourrions atteindre plus de 100 hectares dès l’année prochaine », a-t-il indiqué.
Du côté des communautés, l’adhésion est totale. Le chef central de Totrodou, Dié Zonté Jean, y voit une opportunité majeure. « C’est une chance pour notre localité. Nos jeunes pourront travailler et gagner leur vie tout en protégeant notre environnement », a-t-il affirmé.
Même son de cloche à Beouo 1, où le chef du village, Matthias Ahouo, parle d’un véritable tournant. « Nos forêts disparaissent, mais avec ce projet, nous avons un espoir de les restaurer et de sécuriser nos terres », a-t-il déclaré.
Les femmes entendent également jouer leur partition. À Beouo 2, Téhé Béatrice se dit prête à mobiliser ses camarades. « C’est une opportunité pour nous de générer des revenus et de soutenir nos familles, notamment pour la scolarisation de nos enfants », a-t-elle confié.
La jeunesse locale se montre tout aussi engagée. Jean-Mélène Louahé, jeune du village, s’est engagé à sensibiliser ses pairs. « Nous devons nous approprier ce projet, car il concerne notre avenir », a-t-il lancé.
À travers cette initiative, autorités administratives, partenaires techniques et populations locales conjuguent leurs efforts pour restaurer durablement le couvert forestier, tout en créant de nouvelles opportunités économiques. À Totrodou, la reforestation apparaît ainsi comme un levier essentiel pour lutter contre la dégradation des terres et bâtir un avenir plus durable.
Solange Djébami