Côte d’Ivoire /Ouragahio : Mécontentement des commerçants après l’annonce de l’augmentation des taxes communales

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Côte d’Ivoire /Ouragahio : Mécontentement des commerçants après l’annonce de l’augmentation des taxes communales

La mairie de Ouragahio a organisé le mardi 3 février 2026 une rencontre de sensibilisation avec les commerçants et commerçantes de la commune autour de l’augmentation des taxes communales, désormais fixées à 2,5 % sur chaque activité commerciale. La réunion s’est tenue dans la salle Laurent Gbagbo de la mairie de Ouragahio, commune située à 17 km du département de Gagnoa.

Selon les autorités municipales, cette rencontre visait à expliquer les raisons de cette révision tarifaire et à encourager les acteurs du commerce à se conformer aux nouvelles dispositions fiscales. La mairie a souligné que cette mesure s’inscrit dans une dynamique de mobilisation de ressources locales pour soutenir le développement communal et améliorer les services publics.

Prenant la parole, le maire de la commune de Ouragahio, M. Dacoury Pierre Tabley, a défendu la décision municipale. « Cette révision des taxes découle d’une loi votée par les députés. Chaque acteur doit s’acquitter de sa taxe de 2,5 % dans un esprit de civisme fiscal. C’est ensemble que nous pourrons mobiliser les moyens nécessaires pour développer notre commune et améliorer les conditions de vie de la population. Nous restons ouverts au dialogue pour accompagner nos opérateurs économiques », a-t-il déclaré.

Cependant, l’annonce n’a pas été bien accueillie par une grande partie des commerçants présents. Plusieurs d’entre eux ont exprimé leur mécontentement, estimant que cette hausse intervient dans un contexte économique déjà difficile. Certains participants ont dénoncé une pression financière supplémentaire susceptible de fragiliser leurs activités et de réduire leurs marges de bénéfice.

Président de l’organisation Oxygène du Grand Ouragahio, M. Mamadou Diomandé a affiché une position ferme face à la mesure. « Dans les conditions actuelles, nous refusons de payer cette taxe foncière de 2,5 %. Les commerçants souffrent déjà et cette décision ne tient pas compte de nos réalités économiques », a-t-il affirmé au nom de plusieurs acteurs du secteur.

De son côté, Mme Kouassi Elisabeth, présidente des couturières de Ouragahio, a également fait entendre la voix de son corps de métier. « Nos activités reposent sur de petits revenus. Cette augmentation risque d’étouffer les artisanes qui luttent déjà pour maintenir leurs ateliers ouverts. Nous demandons à la mairie de revoir sa décision ou de proposer un accompagnement adapté », a-t-elle plaidé.

Représentant les tenanciers de restaurants et maquis de la commune, M. Boli Junior a lui aussi exprimé ses inquiétudes. « Le secteur de la restauration fonctionne déjà avec des charges élevées. Ajouter une taxe de 2,5 % va impacter directement nos prix et donc notre clientèle. Nous souhaitons une concertation réelle avant l’application de cette mesure », a-t-il insisté.

Responsable des djassamans de Ouragahio, M. Ouattara a abondé dans le même sens. « Nous travaillons quotidiennement pour survivre. Cette augmentation des taxes risque de mettre en difficulté de nombreux jeunes acteurs du secteur informel. Nous appelons la mairie à dialoguer davantage avec nous », a-t-il déclaré.

Intervenant également lors des échanges, M. Allefa Dialo a exprimé une opposition symbolique à la mesure. « Nous avons déjà perdu notre grand-mère, donc nous refusons de perdre notre mère », a-t-il lancé, une métaphore traduisant selon lui la crainte de voir disparaître les moyens de subsistance des commerçants.

La rencontre, marquée par des échanges parfois tendus, illustre la tension entre la nécessité pour la commune de mobiliser ses ressources et les réalités économiques des commerçants. Si le dialogue et l’accompagnement des acteurs économiques sont trouvés, il sera possible de concilier civisme fiscal et développement local. Dans le cas contraire, l’avenir du commerce à Ouragahio pourrait être sérieusement fragilisé, faisant peser un risque sur la stabilité sociale et le dynamisme économique de toute la commune.

IGOUE N’CHIRA

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