Côte d’Ivoire / Crise dans la Filière café-cacao : Kanga koffi de L’Anaproci « Ce sont des faits vérifiables. Il suffit de se rendre dans les zones de production pour s’en rendre compte »

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Côte d’Ivoire / Crise dans la Filière café-cacao : Kanga koffi de L’Anaproci « Ce sont des faits vérifiables. Il suffit de se rendre dans les zones de production pour s’en rendre compte »

La crise qui secoue actuellement la filière café-cacao en Côte d’Ivoire continue de susciter de vives réactions. Au lendemain de la conférence de presse du directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC), Koné Brahima Yves, au cours de laquelle il a nié toute entrave à la commercialisation du cacao, l’Association nationale des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (ANAPROCI) maintient sa position et appelle à regarder la réalité du terrain.

Pour le président du Conseil d’administration de l’ANAPROCI, Kanga Koffi, les déclarations officielles contrastent fortement avec ce que vivent quotidiennement les producteurs, les sociétés coopératives et les acheteurs depuis le mois de novembre 2025. « Ce sont des faits vérifiables. Il suffit de se rendre dans les zones de production pour s’en rendre compte », affirme-t-il, invitant les autorités et l’opinion publique à constater par elles-mêmes la situation.

Selon l’ANAPROCI, plusieurs dysfonctionnements paralysent la filière. De nombreuses sociétés coopératives peinent à obtenir les connaissements nécessaires à l’acheminement du cacao vers les ports. Cette situation entraîne un engorgement de milliers de tonnes de fèves dans les magasins, exposées à une dégradation progressive de leur qualité. Par ailleurs, d’importantes quantités de cacao restent stockées pendant des semaines dans des camions-remorques immobilisés, créant des difficultés majeures pour les transporteurs et les responsables de coopératives.

Les conséquences pour les producteurs sont lourdes. Plusieurs d’entre eux n’auraient toujours pas été payés pour des livraisons effectuées depuis novembre 2025. Dans les villages et les campements, des stocks de fèves demeurent invendus, provoquant une chute du prix bord champ, pourtant fixé officiellement à 2 800 FCFA le kilogramme. Sur le terrain, le cacao se négocie désormais entre 2 300 et 2 000 FCFA, selon les zones.

Face aux déclarations du directeur général du CCC affirmant qu’aucun camion ne peut accéder aux ports sans connaissement validé et que les camions en circulation seraient frauduleux, Kanga Koffi exprime son incompréhension. Il rappelle que plus de 300 camions auraient déchargé au port de San Pedro le même jour, ce qui, selon lui, démontre que la situation est plus complexe qu’elle ne le paraît.

Pour l’ANAPROCI, les causes de cette crise résident notamment dans la défaillance de certains opérateurs titulaires de contrats d’achat, la non-redistribution de ces contrats et les retards anormalement longs dans la délivrance des connaissements. Autant de facteurs qui, combinés, freinent l’exportation et fragilisent l’ensemble de la chaîne de valeur.

Tout en affirmant sa confiance en l’intérêt que le Président de la République porte à la filière café-cacao, l’ANAPROCI appelle à des décisions urgentes et concrètes. Elle plaide pour une réforme de la gouvernance du Conseil du Café-Cacao et la mise en place d’un comité opérationnel de sortie de crise associant l’ensemble des acteurs concernés.

Pour les producteurs, conclut Kanga Koffi, la solution ne peut plus attendre. « La réalité est sous nos yeux. Il suffit d’aller sur le terrain pour la voir », martèle-t-il.

Zoum De Lataisso

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