Côte d’Ivoire / Yopougon Kouté : Quand la voie Express devient un marché encombrant pour la circulation
Côte d’Ivoire / Yopougon Kouté : Quand la voie Express devient un marché encombrant pour la circulation
La voie Express 2X2 reliant le Carrefour Gandhi au Palais de Justice de Yopougon s’affiche aujourd’hui dans la capitale économique du pays (Abidjan), comme l’une des voies fermées à la circulation.
Elle était souhaitée, attendue, et acclamée par les populations riveraines d’Abobo Doumé, du célèbre quartier et populeux Koweït, des Trois Rouges et du Camp Militaire.
Bref de toutes ces populations voulant rallier rapidement l’autre versant de Yopougon: Palais, Niangon Sud, Nord, à Gauche, à Droite sont aujourd’hui désabusées.
Chers usagers, ce tronçon vous êtes presque interdit, barricadé. Pas pour tous les jours, soyons clairs et véridiques.
Retenez ces jours de la semaine pour ne pas vous y aventurer : les mardis et les vendredis.
La cause ? C’est jour de marché du quartier adjacent appelé »Kouté. » Mais avant à quoi ressemblait cette piste broussailleuse ? Un repaire de petits bandits, tapis dans des baraquements déguisés en maquis.
Dès le crépuscule, les passants téméraires qui s’y aventuraient étaient agressés en mode » soft and fair », c’est à dire en toute tranquillité sans l’intervention d’aucune force de l’ordre. Les riverains de cette piste broussailleuse fermaient tôt et se barricadaient derrière des mûrs surmontés de tessons de bouteille.
L’espoir naît en cette année de 2013 où le gouvernement, dans sa politique de modernisation des infrastructures routières afin de faciliter la mobilité urbaine, décide alors de désenclaver ses deux grands quartiers (Trois Rouges/ Niangon) par une voie express de 2×2 voies, pour donner plus de notoriété à la commune la plus peuplée, la plus animée, la plus » branchée » de la Côte d’Ivoire.
À la fin des travaux en 2015, les populations sont soulagées. La valeur marchande des lots a explosé. Les magasins ont poussé le long des 2 à 3 kilomètres. Tout est beau. On fait des affaires juteuses.
Quand le désordre urbain fait surface
Spontanément, le marché traditionnel de Kouté est relégué aux confins du quartier, loin des grandes attractions de l’artère principale favorable au commerce. Que faire quand on voit le ‘fric » passer sous son nez ?
Le long de la rue voit, aussitôt, serpenter de gigantesques magasins, tenus majoritairement par les Libanais. On vient de partout, on s’installe au mépris de la réglementation de la sécurité routière. On y voit des ballots de friperies versées en vrac sur la voie. On s’en fout de l’autre.
À côté, des vendeuses de toute sorte détalages d’articles : quincaillerie, fruits, chaussures, ustensiles de cuisine… On crie à la volée les clients comme dans un vrai marché. Un vrai marché ? C’en est un dû au laisser- faire.
Les chauffeurs de taxis communaux, noyés dans cette cacophonie, appellent les usagers. Ils se fraient, à coups de coude, un chemin pour s’accrocher à la portière afin d’avoir une place. Une fois assis sereinement, du moins le croit-il, il tâte sa poche : << Mon portefeuille, mon portefeuille » ou encore : » mon portable, mon portable ». Trop tard.
Une partie du rond-point est obstruée par les véhicules de transport en commun communément appelés gbakas, chassés eux-mêmes du trottoir où ils doivent garer. C’est un vrai bazar. Le bouillonnement des crieurs à la volée se mêle aux désapprobations et à la colère des pauvres usagers qui pensaient avoir eu un raccourci pour se rendre au quai d’Abobo Doumé afin de rallier le Plateau par bateaux – bus. Mais hélas.
Sur le terre- plein bien pavoisé de plants de rônier, des tas d’immondices chargés de mouches, arrosés régulièrement d’urine par des bandits, suffoque d’odeur les passants. Et ce, dans l’indifférence totale de tous. Plus loin, un chauffard a réussi l’espoir » d’abattre » un poteau électrique dans l’impunité absolue.
Le Carrefour Gandhi ne présente plus fière allure
Au carrefour Gandhi, tout habitant ayant quitté ce lieu est stupéfait de voir un rond-point embelli car c’était avant une gadoue où patogeaient les porcs. C’est beaucoup aujourd’hui ; cependant les cannivaux sont remplis d’eaux saumâtres. Quel dégoût !
La mairie est donc interpellée. Quand on a un maire à vocation d’impacter positivement ses concitoyens où qu’il soit, on peut s’impatienter moins.
Monsieur le maire, le peuple vous connaît déjà. Vous savez toujours faire preuve de célérité quand cela s’impose. Pour le moment la voie express 2X2 est devenue 2X1.
Konaté ML