Ouragahio : Tantie Ange séduit les papilles avec son poisson braisé et fumé
Dans cette commune située à 17 kilomètres de Gagnoa, une douce odeur de poisson grillé flotte dans l’air. Elle provient du petit coin culinaire tenu par Tantie Ange, une vendeuse bien connue des habitants pour son poisson braisé et fumé, communément appelé APF, accompagné d’un délicieux attiéké.
Toujours souriante, Tantie Ange accueille sa clientèle avec une bonne humeur contagieuse. Son étal, installé au bord de la route principale d’Ouragahio, est devenu un point de passage incontournable pour les amateurs de bonne cuisine locale.
« Je prépare tout avec amour et propreté. Mes clients, je les considère comme ma famille », confie-t-elle, tout en retournant délicatement un poisson sur le gril.
Mère de quatre enfants, Tantie Ange tire de cette activité de vente de poisson fumé et brisé la principale source de revenus qui lui permet de scolariser ses enfants et de subvenir aux besoins de sa famille. « Grâce à mon commerce, mes enfants vont à l’école et je peux les aider à avoir un meilleur avenir », ajoute-t-elle avec fierté.
Son secret ? Un savant mélange d’épices, une cuisson maîtrisée au feu de bois, et surtout, cette hospitalité à l’ivoirienne qui donne à chaque plat une saveur unique. Du soir jusqu’a la nuit, enseignants, élèves, commerçants et voyageurs s’y arrêtent pour savourer son APF accompagné d’un attiéké bien garni.
Pour Mlle Séri Ozoua Marie Noëlle, assistante administrative à la sous-préfecture de Ouragahio, Tantie Ange est un véritable atout pour la commune : « Des femmes comme Tantie Ange participent activement à la vitalité économique de notre localité. Par leur courage et leur dévouement, elles inspirent toute une génération à croire en le travail bien fait et en la persévérance. »
De son côté, Mme Yoro Béatrice, 2ᵉ adjointe au maire de la commune de Ouragahio, salue également le parcours exemplaire de cette femme battante : « Nous sommes fiers de voir des femmes comme Tantie Ange qui, par leur travail, contribuent au développement local. Elle incarne la détermination et le courage des femmes de Ouragahio, toujours prêtes à se battre pour le bien-être de leurs familles et de leur communauté. »
Guebedi Victorien Garou, agent de l’ONG UFDCEM pour le respect des droits de l’homme, voit dans le parcours de Tantie Ange un exemple de résilience et de dignité :
« Le droit au travail décent fait partie des droits humains fondamentaux. Tantie Ange en est une illustration vivante. Elle prouve que, malgré les difficultés économiques, les femmes de Ouragahio ont la volonté et la capacité de contribuer activement au développement social et humain de leur communauté. Elles méritent un accompagnement durable. »
En dépit de son succès local, Tantie Ange rêve d’aller plus loin. Elle souhaite agrandir son activité, moderniser son espace de vente et employer d’autres femmes du quartier. Pour cela, elle lance un appel au gouvernement ivoirien : « Nous, les petites commerçantes, avons besoin d’un appui financier pour développer nos activités. Avec un peu de soutien, nous pouvons créer des emplois, nourrir nos familles et participer au développement du pays. »
À Ouragahio, le nom de Tantie Ange rime désormais avec convivialité, courage et espoir. Son commerce, simple mais authentique, reflète parfaitement l’âme chaleureuse et travailleuse de la région du Gôh, symbole d’une Côte d’Ivoire qui avance grâce à la force de ses femmes.
IGOUE N’CHIRA