Côte d’Ivoire /Violence à Kpapekou : Le calme est revenu après un affrontement entre jeunes et chefs coutumiers

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Côte d’Ivoire /Violence à Kpapekou :  Le calme est revenu après un affrontement entre jeunes et chefs coutumiers

Ce paisible village du centre-ouest ivoirien a été le théâtre de violentes tensions sociales ce week-end. Une altercation entre les jeunes et le chef coutumier a dégénéré, provoquant saccages et incendies, avant que les forces de l’ordre n’interviennent pour rétablir la situation.

Une arrestation qui embrase le village

Tout serait parti, selon plusieurs sources locales, de l’arrestation du secrétaire général du président de la jeunesse, dans la soirée du samedi 1er novembre.

Une décision jugée « arbitraire » par plusieurs jeunes du village, qui ont aussitôt réclamé sa libération. Dès le lendemain matin, des attroupements se sont formés dans les ruelles de Kpapekou.

« On voulait juste qu’il soit libéré, mais personne ne nous écoutait », raconte un jeune manifestant.

La tension est rapidement montée d’un cran. En milieu de journée, des groupes de jeunes en colère ont pris pour cible le domicile du chef du village, qu’ils ont partiellement détruit, avant de mettre le feu à son maquis. Les flammes ont ravagé le bâtiment sous les cris et la confusion.

La police intervient pour éviter le pire

Alertées, les forces de l’ordre d’Ouragahio sont arrivées sur place en début d’après-midi. Leur présence a permis de disperser les manifestants et d’éviter de nouveaux affrontements.

Vers 18 heures, le calme est revenu, même si la peur et la colère restaient palpables.

« C’était la panique totale. On se cachait dans nos maisons », témoigne une commerçante du quartier central.

Ce lundi matin, des équipes de nettoyage s’activaient encore autour de la cour du chef, tandis que plusieurs habitants tentaient de réparer les dégâts.

Les autorités et la société civile appellent à l’apaisement

Face à la gravité de la situation, une réunion d’urgence s’est tenue à la sous-préfecture de Ouragahio, rassemblant les représentants de la jeunesse, les autorités coutumières et les forces de sécurité.

Le chef du village, contacté par téléphone, a appelé à l’apaisement : « Ce qui s’est passé est regrettable. Nous devons privilégier la parole au lieu de la violence. »

Intervenant également sur la situation, M. Diarrassouba, président de la Commission nationale régionale des droits de l’homme du Gôh (CNDH), a condamné les violences et exhorté les parties à renouer le dialogue :

« Le respect des droits humains, notamment le droit à la dignité et à la liberté d’expression, doit aller de pair avec le respect de l’autorité coutumière. Nous appelons les jeunes et les chefs à trouver des solutions pacifiques aux différends pour préserver la cohésion sociale dans la région du Gôh. »

Dans la même dynamique, le secrétaire général du comité d’organisation de l’ONG UFDCEM Union des Fils de Dieu en Christ pour l’Evengelisation dans le Monde l) Apôtre Yaon Pierre Nicaise a salué la réaction rapide des autorités tout en invitant à une approche inclusive : « Nous pensons que ces tensions traduisent un manque d’écoute et de communication. La cohésion sociale ne peut se construire sans la participation de tous — jeunes, femmes et chefs traditionnels. L’UFDCEM est prête à accompagner les initiatives de dialogue communautaire à Kpapekou. »

Les autorités locales ont, pour leur part, promis l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur les événements et de situer les responsabilités.

Un malaise social persistant

Ces violences ne sont pas un cas isolé. Dans plusieurs villages de la région de Gagnoa, les rapports entre jeunesse et chefferie traditionnelle sont souvent tendus, sur fond de chômage, de frustration et de manque de dialogue.

« Les jeunes veulent être entendus et impliqués dans la gestion du village », confie un notable de Ouragahio.

Kpapekou, encore sous le choc, tente aujourd’hui de retrouver son calme légendaire. Les habitants espèrent que cet épisode servira de déclic pour restaurer la confiance entre les différentes composantes de la communauté.

Encadré

Analyse locale : un signal d’alarme social

L’incident de Kpapekou révèle un malaise latent dans plusieurs villages du centre-ouest : la fracture générationnelle entre autorités traditionnelles et jeunesse.

Sans espace de dialogue structuré, les frustrations accumulées se transforment rapidement en violences.

Les observateurs locaux appellent à des cadres de concertation permanents pour prévenir de nouvelles crises.

IGOUE N’CHIRA

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