Arabie Saoudite : Le Royaume met fin au système de kafala de 1950.

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Arabie Saoudite : Le Royaume met fin au système de kafala de 1950.

L’Arabie saoudite a aboli le système de kafala, remplacé par un nouveau système contractuel qui permet aux travailleurs migrants de changer d’emploi, de quitter le pays sans autorisation préalable et de saisir directement les tribunaux du travail.

Cette réforme s’inscrit dans la vaste stratégie Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui vise à moderniser l’économie saoudienne et à attirer davantage de talents étrangers.  Tandis que le système de kafala, en place depuis les années 1950, lie les travailleurs migrants à un employeur spécifique, leur interdisant de changer d’emploi ou de quitter le territoire sans la permission de ce dernier

Si cette décision a été saluée comme une avancée majeure, les observateurs soulignent que sa réussite dépendra de sa mise en œuvre effective et du contrôle strict des employeurs afin de garantir une réelle protection des travailleurs migrants. Une réforme historique, mais dont le véritable impact se mesurera dans le respect des droits sur le terrain.

Un changement de cap majeur qui redessine l’équilibre du marché de l’emploi.

Le ministre des Ressources Humaines peut désormais définir les professions éligibles et fixer les frais de permis, les  personnes à charge paieront des frais annuels comparables aux travailleurs étrangers (≈ 7 000 SAR/an) et un système de classification (hautement qualifié, qualifié, base) fixe les conditions d’accès selon salaire, diplôme et expérience.

Les travailleurs étrangers peuvent désormais  changer d’employeur sans autorisation préalable, quitter le territoire sans visa de sortie et saisir directement les tribunaux du travail pour faire valoir leurs droits.

Qu’était le système de kafala ?

Le système de kafala liait chaque travailleur étranger à un employeur saoudien, lui interdisant de changer d’emploi ou de quitter le pays sans son autorisation. Longtemps dénoncé par les organisations de défense des droits humains et l’Organisation internationale du travail (OIT), ce système a été accusé de favoriser les abus, la confiscation de passeports et, dans certains cas, le travail forcé en particulier parmi les employés domestiques et les ouvriers peu qualifiés.

Ibrahima Khalil

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