Côte d’Ivoire / Ouragahio : Les écoles publiques investies par des religieux pour des prières, avis partagés des riverains
Côte d’Ivoire / Ouragahio : Les écoles publiques investies par des religieux pour des prières, avis partagés des riverains
Ce dimanche 12 octobre 2025, les établissements scolaires publics de Ouragahio ont été investis par plusieurs groupes religieux chaque dimanche et les autres jours de la semaine viennes prier avec leurs fidèles. Une initiative qui, si elle vise à renforcer le lien spirituel au sein de la communauté, divise aujourd’hui les riverains quant à ses bienfaits et ses impacts.
Dès les premières heures du dimanche matin, les cours d’école ont été envahies par des rassemblements de fidèles, animés par des religieux clamant des prières collectives. Selon les organisateurs, ces prières ont lieu le dimanche matin, tandis que les autres jours de la semaine, elles se tiennent en soirée dans les mêmes établissements. « C’est une belle occasion de rassembler les habitants autour de la foi, surtout en ces temps incertains », explique l’un des Pasteurs présents, sous couvert d’anonymat. Cependant, ce mouvement n’est pas sans heurter certains riverains.
Mme Kouadio, habitante proche d’un établissement, confie : « Je comprends l’importance de la prière, mais l’occupation prolongée de l’école cause un grand trouble. Les enfants ne peuvent pas suivre leurs cours correctement, et cela perturbe aussi le voisinage par le bruit et le va-et-vient. Nous souhaiterions que les religieux construisent des bâtiments dédiés à ces rassemblements, mais qu’ils abandonnent les établissements scolaires publics. »
D’autres habitants, au contraire, saluent cette démarche. « Cela apporte de la paix et de la sérénité dans notre quartier. L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage, mais aussi un espace communautaire », affirme Monsieur Diomandé, un fidèle participant.
Du côté de la direction d’un établissement scolaire, on témoigne d’une position prudente. « Nous respectons la diversité religieuse, mais il est essentiel que ces activités n’entravent pas le bon déroulement des cours ni la sécurité des élèves », déclare un responsable sous réserve.
Cette situation soulève une interrogation plus large sur le caractère mixte des espaces publics éducatifs et leur utilisation à des fins autres que l’éducation. Est-il possible de concilier foi et école dans un même espace sans conflit ? Pour l’instant, à Ouragahio, la question anime fortement les débats.
IGOUE N’CHIRA