Côte d’Ivoire / Rentrée scolaire 2025-2026 : Un démarrage mitigé dans la région du Gôh

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Côte d’Ivoire / Rentrée scolaire 2025-2026 : Un démarrage mitigé dans la région du Gôh

Comme annoncé par la ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Mme Mariatou Koné, la rentrée scolaire 2025-2026 a officiellement démarré ce lundi 8 septembre sur toute l’étendue du territoire national. Mais dans la région du Gôh, le retour des élèves en classe reste encore timide, en particulier dans les établissements secondaires.

Un constat contrasté

Sur le terrain, la reprise se vit de manière inégale. Dans plusieurs écoles primaires, les enseignants étaient présents dès les premières heures de la matinée. Cependant, les salles de classe sont restées clairsemées, de nombreux parents hésitant à envoyer leurs enfants dès le premier jour.

Dans les collèges et lycées, la situation est encore plus mitigée. Les professeurs ont répondu présents pour marquer leur disponibilité, mais la présence des élèves demeure faible. Plusieurs responsables scolaires expliquent ces retards par l’achat tardif des fournitures, le paiement encore en cours des frais d’inscription ou encore la rentrée différée des familles revenues récemment des villages.

Les difficultés du terrain

Situé Tielina, proviseur du lycée moderne de Gagnoa 1, confirme ces obstacles : « Les enseignants sont là, mais les parents d’élèves se bousculent encore pour inscrire leurs enfants ce matin. Ce retard a un impact direct sur l’effectivité des cours. Nous faisons également face à un déficit d’enseignants, notamment en mathématiques, ce qui complique davantage la reprise. »

Même constat du côté de Ouragahio. M. Yao N’goran, proviseur du lycée municipal, lance un appel à la mobilisation : « Nous souhaitons une prise de conscience collective. Les enseignants sont mobilisés, mais il faut que les parents accompagnent l’effort en envoyant rapidement leurs enfants à l’école afin que les cours puissent commencer normalement. »

Les familles face aux contraintes économiques et politiques

Du côté des parents d’élèves, les difficultés économiques pèsent fortement sur ce début d’année scolaire. M. Bélem Mitebasdé, producteur de café-cacao à Mama, confie :

« Nous voulons inscrire nos enfants à temps, mais la vente du cacao n’a pas encore commencé. C’est difficile pour nous de réunir les frais de scolarité immédiatement. »

Même préoccupation à Gnaliepa où M. Pléhili Sery, producteur d’hévéa, souligne : « Les prix du caoutchouc ne sont pas stables. Tant que nous n’avons pas encaissé nos revenus, il est compliqué de répondre aux besoins scolaires de nos enfants. Nous faisons des efforts, mais il faut de la patience. »

Par ailleurs, certains parents invoquent des raisons politiques. M. Djédjé Jean Marius, parent d’élèves au primaire, explique :

« Avec la situation socio-politique actuelle et les élections présidentielles prévues le 25 octobre 2025, je préfère attendre avant d’inscrire mes enfants. Nous voulons nous assurer que tout sera calme et sécurisé avant de les envoyer à l’école. »

Une rentrée sous tension

Ces témoignages traduisent une réalité : la volonté d’envoyer les enfants à l’école est bien présente, mais les contraintes financières et les inquiétudes politiques freinent la reprise effective des cours, en particulier dans les zones rurales où les familles dépendent fortement de la commercialisation du cacao et de l’hévéa.

En somme, la rentrée scolaire 2025-2026 dans la région du Gôh démarre sous un signe mitigé : la mobilisation des enseignants est réelle, mais les salles de classe attendent encore d’être véritablement remplies. Les prochains jours seront décisifs pour juger du rythme effectif de la reprise.

DJACK ZOLA

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