Côte d’Ivoire / Littérature : L’écrivain ivoirien à succès Diomandé Mélama sort son deuxième ouvrage intitulé »Conflit ».
Côte d’Ivoire / Littérature : L’écrivain ivoirien à succès Diomandé Mélama sort son deuxième ouvrage intitulé »Conflit ».
Peu d’écrivains ont connu la trajectoire sinueuse et inédite de Diomandé Mélama dont nous présentons aujourd’hui la deuxième œuvre romanesque intitulée »conflits ».
En effet, ce natif de Tiesso dans le département de Kani, n’était point destiné à l’écriture qui exige un certain niveau intellectuel, puisqu’il a arrêté les cours en troisième.
De simple chauffeur d’administration, le jeune breveté des années 80 a refusé son destin de subalterne de l’administration, dont se seraient accommodés beaucoup de jeunes d’aujourd’hui, pour aller à la conquête de l’espérance promise à travers la lecture.
Son destin bascule en cette soirée de novembre 2004 où je fis sa rencontre.
Au cours de nos échanges, je découvris en cet homme un esprit vif nourri d’une culture littéraire dont peu d’hommes instruits pourraient se prévaloir aujourd’hui.
»Un gâchis » , le mot vient de moi après nos échanges car l’homme m’avait bien servi. Doté d’une mémoire presqu’infaillible, il a touché aux grandes problématiques littéraires des grands auteurs classiques de la littérature africaine en citant, la mort de Chaka de Senghor, les bouts de bois de Dieu de Sembène Ousmane, les soleils des indépendances d’Amadou Kourouma, Tribaliques d’Henri Lopez, sous l’orage de Seydou Badian… Les mémoires de Nelson Mandela, un long chemin vers la liberté, les ouvrages de développement personnel des auteurs américains comme Martin Gray ou encore Dan Carnegie.
Je le suppliai de reprendre les cours malgré ses réticences. En 2005, Diomandé Mélama obtint le bac série A2. Aujourd’hui, il est titulaire d’un master en Anglais et bien d’autres diplômes.
Son premier roman intitulé un livre dans la voiture, paru en 2014 à Nei/ Ceda, est un titre évocateur car il retrace l’itinéraire sinueux de ce jeune et obscur chauffeur de l’administration ivoirienne depuis le village en passant par son séjour aux routes poussiéreuses à la recherche de la pitance quotidienne. Le jeune homme n’a jamais quitté les livres dans sa voiture. Un livre qui donne une leçon de vie, vu la résilience de cet homme pour parachever une carrière honorable que le destin facétieux a voulu contrarier. Ce roman a reçu le troisième prix d’Excellence en 2016, une reconnaissance de la nation pour le travail acharné d’un de ses fils.

Auréolé, de cette reconnaissance, Diomandé Mélama a remis le couvert avec »conflits » au titre tout aussi évocateur car il réactualise le perpétuel conflit entre cultivateurs et éleveurs dans le nord du pays.
Kominako, un brave paysan doit passer des nuits blanches à surveiller ses champs contre les boeufs dévastateurs souvent sous le regard souvent complice des éleveurs. Les conflits intempestifs sont donc inévitables et le drame n’est pas loin.
Entre amertumes des pauvres paysans, abus de pouvoir et corruption des autorités, Diomandé Mélama restitue avec réalisme le quotidien de ses deux Communautés contraintes à cohabiter.
Un beau récit à découvrir.
Konaté Mohamed lamine, inspecteur principal, lettres modernes.