Mali : L’ex-Premier ministre Moussa Mara écroué après avoir exprimé sa solidarité à des « détenus d’opinion »
Mali : L’ex-Premier ministre Moussa Mara écroué après avoir exprimé sa solidarité à des « détenus d’opinion »
L’ancien Premier ministre malien (avril 2014-janvier 2015) Moussa Mara a été inculpé ce vendredi 1er août par un juge spécialisé dans la cybercriminalité pour « atteinte à la crédibilité de l’État et opposition à l’autorité légitime », a déclaré le bureau du procureur de Bamako.
C’était sa quatrième convocation en deux semaines et elle a fini par une inculpation. Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali pendant huit mois entre avril 2014 et janvier 2015, a été inculpé ce vendredi 1er août pour « atteinte à la crédibilité de l’État » après une publication sur les réseaux sociaux concernant son soutien à des prisonniers politiques.
Il avait été interrogé la veille pendant 7 heures et demie par le pôle judiciaire anti-cybercriminalité suite à une publication du 4 juillet sur X, dans laquelle il évoquait sa visite aux prisonniers et leur promettait la justice.
Un procès prévu le 29 septembre
« Solidarité indéfectible avec les détenus d’opinion », avait-il écrit, disant les visiter « régulièrement pour leur signifier (sa) solidarité ». Dans cette publication, l’ancien Premier ministre a déclaré que ses visites régulières aux personnes détenues visaient à s’assurer que « la flamme de l’espoir ne s’éteigne jamais en elles ».
« Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira évidemment par apparaitre ! Et nous nous battrons par tous les moyens pour que cela arrive, et le plus vite possible ! »
Il a été maintenu en détention, son procès étant prévu le 29 septembre. Le procureur de la brigade cybercriminelle a déclaré que parler de « prisonniers d’opinion » et affirmer vouloir se battre pour eux constituait une infraction. Il a également été inculpé d’opposition à l’autorité légitime et d’incitation aux troubles à l’ordre public.
Les militaires ont pris des mesures répressives contre la presse et les voix critiques. Elle a également dissous les partis politiques et des organisations à caractère politique.
Le général Assimi Goïta, 41 ans, a obtenu ce jeudi 3 juillet un mandat de cinq ans renouvelables plusieurs fois, sans élection. Il va pouvoir rester à la tête du Mali jusqu’en 2030, voire d’avantage, grâce à l’adoption d’un projet de loi validé par le conseil des ministres en juin. Il s’était pourtant engagé à remettre le pouvoir aux civils au plus tard en mars 2024.
Célébré comme un héros par qui passera le salut de ce pays dans la tourmente, les motivations d’Assimi Goïta, qui a fait sa mue sans jamais se départir de son béret vert, demeurent un mystère pour beaucoup.
Parallèlement, le Mali continue de s’enliser dans la crise économique et sécuritaire, malgré un succès militaire en novembre 2023 avec la reprise de Kidal (nord), bastion des indépendantistes touareg.
Deux ans après, djihadistes et bandes criminelles sont toujours à l’œuvre dans le pays et ont causé des centaines, voire des milliers de morts, tandis que l’armée et ses alliés mercenaires russes sont régulièrement accusés d’exactions contre les civils.
AFP