Côte d’Ivoire / Axe Bayota-Ouragahio : Les usagers vivent l’enfer

109

Côte d’Ivoire / Axe Bayota-Ouragahio : Les usagers vivent l’enfer

Ce jeudi 24 juillet 2025 – L’axe routier reliant Bayota à Ouragahio, en passant par les villages de Zébizékou et Gbigbikou, est aujourd’hui l’un des plus grands casse-têtes pour les usagers de la région du Gôh. En pleine saison des pluies comme en saison sèche, cette route secondaire est devenue quasiment impraticable, transformant chaque déplacement en véritable parcours du combattant.

Entre les flaques d’eau stagnantes, les ornières béantes, les tronçons boueux et glissants, et les nids-de-poule profonds, voitures, taxis-brousse, camions, massa et motos s’embourbent ou tombent régulièrement en panne, causant d’énormes pertes de temps et des dépenses supplémentaires pour les conducteurs.

« Quand il pleut, on ne peut plus passer. Même les motos tombent et on se blesse. Beaucoup préfèrent faire un grand détour, mais ça coûte cher », se plaint M. Ouattara Moussa ,  chauffeur de Massa  qui relie Ouragahio à Bayota chaque semaine.

Un terreau fertile pour l’insécurité

Plus grave encore, l’état déplorable de la route est devenu une opportunité pour les coupeurs de route, qui profitent de la lenteur et de la vulnérabilité des véhicules pour dresser des barrages improvisés. Plusieurs attaques ont été signalées ces derniers mois, semant la peur chez les usagers.

« Il y a deux semaines, des passagers ont été braqués en plein jour. On ne peut plus voyager tranquille », déplore M. Brou Yao, cultivateur à Zébizékou.

Les activités économiques paralysées

Cette situation impacte lourdement les activités économiques de ces villages agricoles. Les producteurs de cacao, de café, de vivriers et d’hévéa peinent à évacuer leurs récoltes vers les marchés locaux ou les grandes villes. Certaines récoltes pourrissent faute de transport adéquat, causant d’importantes pertes financières aux familles déjà modestes.

La population lance un SOS aux autorités

Face à ce constat, les populations des villages riverains interpellent le gouvernement ivoirien, le Conseil régional du Gôh et la mairie de Ouragahio. Elles réclament des travaux urgents de réhabilitation et une meilleure sécurisation de cet axe stratégique pour désenclaver la zone et restaurer la confiance.

« Nous demandons au président du Conseil régional, au maire de Ouragahio et à l’État de penser à nous. Trop de promesses ont été faites, mais rien ne bouge », s’indigne Mme Sery Ange, présidente d’une association de femmes commerçantes de Gbigbikou.

De son côté, l’animateur sportif radio et habitant du village de Zébizékou, M. Dali Fefe, lance un appel solennel : « Nous ne pouvons plus rester isolés. Nos enfants ont du mal à aller à l’école quand il pleut, nos malades meurent parfois faute de pouvoir être évacués rapidement. Il faut que cette route soit refaite, et vite. »

Vers une solution concrète ?

Pour l’heure, aucune annonce officielle de réhabilitation n’a encore été faite, malgré les multiples doléances déposées. La population garde toutefois l’espoir que cette fois, leur cri de détresse sera entendu et que des machines seront bientôt visibles sur le terrain.

En attendant, les habitants de Zébizékou, Gbigbikou, Bayota et Ouragahio continuent de braver chaque jour les dangers de cette route dégradée, la peur au ventre, mais toujours avec courage et résilience.

DJACK ZOLA

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.