CMU : Des planteurs de café-cacao privés de médicaments gratuits dans les pharmacies privées
L’espoir d’un accès gratuit aux soins de santé promis aux producteurs de café et cacao semble compromis. C’est le cri d’alarme lancé par l’ONG Union des Fils de Dieu en Christ pour l’Évangélisation dans le Monde (UFDCEM) et le Comité de Veille Sanitaire de la Société Civile de Gagnoa 2 (CVSSCG2), lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à leur siège à Ouragahio.
Devant les médias, le prophète Nazireat Djadji Dadi Olivier, président du conseil d’administration de l’ONG UFDCEM et secrétaire général du CVSSCG2, a dénoncé un non-respect des engagements pris par l’État ivoirien dans le cadre de la Couverture Maladie Universelle (CMU).
Une promesse gouvernementale foulée au pied
« Les planteurs de café et cacao, détenteurs de la carte de producteur, bénéficient théoriquement, avec leurs familles, d’une prise en charge à 100 % des frais médicaux grâce à la CMU. Cette mesure, financée par le Conseil du Café-Cacao, est censée leur offrir un accès gratuit aux soins dans les établissements de santé agréés, sans payer de cotisations », a expliqué le responsable de l’ONG.
Il a également rappelé qu’un autre dispositif social prévoit le versement de 36 000 FCFA chaque trimestre à certains indigents, leur garantissant eux aussi un accès total et gratuit aux prestations de santé couvertes par la CMU.
Cependant, selon les constats récents de l’ONG UFDCEM et du CVSSCG2, cette couverture ne s’applique pas correctement dans plusieurs pharmacies privées, qui continuent d’exiger des paiements illégitimes.
Une surfacturation illégale dans les pharmacies privées
« Nos investigations ont révélé que dans plusieurs cas, les pharmacies privées imposent aux planteurs et aux indigents une participation financière de 30 % sur le coût des médicaments prescrits. Pourtant, ces bénéficiaires ont droit à une gratuité totale. C’est une violation grave des textes en vigueur », a dénoncé le prophète Djadji Dadi Olivier.
Il estime que cette pratique illégale pénalise lourdement les producteurs agricoles, qui sont pourtant les piliers de l’économie ivoirienne.
Une interpellation directe des autorités
Face à cette situation, l’ONG UFDCEM appelle le gouvernement ivoirien, le Conseil du Café-Cacao, ainsi que l’ensemble des autorités sanitaires à prendre leurs responsabilités.
« Nous appelons à une rigueur absolue dans l’application des mesures sociales et à un contrôle renforcé des pharmacies. Ce que vivent les planteurs et les indigents est inacceptable », a-t-il insisté.
Ce plaidoyer lancé depuis Ouragahio vise à alerter l’opinion publique sur les dysfonctionnements du système de santé et à obtenir des mesures correctives urgentes pour que les bénéficiaires de la CMU reçoivent réellement les soins gratuits auxquels ils ont droit.
Zoum De Lataisso