Côte d’Ivoire / Entretien avec Pierre Koné : « Niakara, un territoire aux richesses insoupçonnées »
Le mardi 22 avril 2025, Pierre Koné, maire de Niakara, a accordé une interview exclusive au correspondant régional d’Afrique info.net. Installé dans son bureau, l’édile est revenu sur les actions menées depuis le début de son mandat et a esquissé les grandes lignes de ses ambitions pour l’avenir de la commune. Mettant en lumière l’abondance des ressources naturelles locales, il a lancé un vibrant appel aux investisseurs pour accompagner le développement de Niakara.
– Bonjour Monsieur le Maire.
– Bonjour à l’Afriqueinfo.net. Merci d’être venu à Niakara pour partager nos réalités. Au nom du conseil municipal, je vous souhaite un excellent séjour.
Quels ont été les principaux projets réalisés depuis le début de votre mandat ?
Je tiens à préciser que dans une commune, les projets se déclinent en actions et en opérations. Ceux-ci sont définis dans un programme triennal et inscrits chaque année dans le budget primitif.
S’agissant des actions, nous avons apporté des subventions à diverses couches sociales : prises en charge scolaires, aides aux jeunes, aux femmes, aux personnes indigentes, âgées ou retraitées, etc.
Pour les opérations, nous avons réalisé la construction de routes, de salles de classe, de centres de santé, l’extension des réseaux d’eau et d’électricité, l’installation de pompes hydrauliques, d’un complexe sportif, et bien d’autres infrastructures.
Quels défis avez-vous rencontrés lors de la mise en œuvre de ces projets ?
Le principal défi reste le recouvrement des ressources. Il est facile de rêver d’actions ou d’opérations, mais leur concrétisation dépend essentiellement des moyens financiers disponibles.
Quels sont les secteurs où vous estimez avoir le plus contribué, notamment en matière d’éducation, de santé et d’infrastructures ?
Dans une commune, tous les secteurs sont prioritaires. Toutefois, la mairie est avant tout une institution sociale. Les actions sociales, bien qu’elles ne soient pas toujours visibles, sont primordiales.
En 2019, par exemple, le service social a distribué des poulets aux personnes indigentes pour les fêtes de fin d’année. Un bénéficiaire, malade et cloîtré chez lui depuis trois ans, nous a confié que c’était la première fois depuis longtemps qu’il mangeait du poulet.
Par ailleurs, nous avons contribué à la construction de plusieurs écoles et d’un centre de santé.
Avez-vous des exemples concrets de projets ayant amélioré la vie des habitants ?
Oui. Les écoles que nous avons construites dans chaque quartier permettent désormais aux enfants d’accéder au savoir sans avoir à parcourir de longues distances.
Comment avez-vous géré les attentes des populations face aux ressources limitées ?
Grâce à la méthodologie mise en place par la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local (DGDDL), nous consultons désormais les populations pour identifier leurs besoins prioritaires. Le maire ne propose plus seul des projets : il s’appuie sur les attentes réelles des habitants.
Quels projets sont actuellement en cours à Niakara ?
Actuellement, nous développons une ferme avicole et une ferme porcine, en plus de la construction de six nouvelles salles de classe, ainsi que d’autres projets importants que je préfère garder confidentiels pour l’instant.
Quels mécanismes avez-vous mis en place pour garantir l’efficacité de ces projets ?
Outre les commissions statutaires, nous avons instauré une commission consultative composée d’experts. De plus, la commune a été organisée en quartiers dirigés par desprésidents élus, ce qui favorise l’implication de tous dans le suivi et le contrôle des projets.
Comment la population est-elle intégrée dans l’élaboration et l’exécution des projets ?
Comme je l’ai mentionné, la commission consultative inclut des personnes expertes. Quant aux quartiers, autrefois virtuels, ils sont aujourd’hui structurés et dirigés, ce qui permet une participation effective des habitants aux projets de la commune.
Quels partenariats, nationaux ou internationaux, avez-vous développés ?
Nous réfléchissons activement à cette question. Une demande de partenariat a été adressée à Ankara, en Turquie, du fait de la similitude de nos noms (Ankara/Niakara), mais nous attendons encore une réponse.
En attendant, nous avons mis en place des partenariats locaux très efficaces. Notre budget est passé de 140 millions en 2018 à plus de 600 millions de francs CFA en 2025, grâce à l’engagement des contribuables locaux et au soutien de l’État de Côte d’Ivoire.
Quels résultats espérez-vous obtenir dans les mois ou années à venir ?
Niakara a d’immenses potentialités. Nous avons besoin de soutien pour amorcer un véritable développement. Par exemple, la Turquie, très avancée dans la production de matériaux de construction et la réalisation d’infrastructures, pourrait apporter une valeur ajoutée considérable, notamment en créant des emplois et en développant des cités immobilières.
Quels sont les projets prioritaires pour les prochaines années ?
Je rêve de réaliser une grande retenue d’eau à vocation agro-pastorale pour soutenir les jeunes et les femmes dans leurs activités. Je souhaite aussi construire un nouvel hôtel de ville en R+1, à la hauteur de l’ambition et de la dimension de Niakara.
Comment comptez-vous mobiliser des ressources supplémentaires ?
Pour le projet d’hôtel de ville, nous avons ouvert un compte spécial il y a trois ans afin d’y loger les fonds nécessaires. Je ne révélerai pas le montant collecté, mais nous espérons pouvoir bientôt démarrer les travaux.
Concernant la retenue d’eau agro-pastorale, une demande de financement a été adressée
au district de la Vallée du Bandama. Nous attendons une réponse favorable.
Quelles mesures comptez-vous prendre pour encourager l’investissement à Niakara ?
Niakara possède un sol et un sous-sol très riches, favorables aux investisseurs. Je profite de votre tribune pour lancer un appel : venez découvrir et exploiter nos ressources.
La réalisation de la retenue d’eau agro-pastorale, par exemple, serait un levier formidable pour impulser un développement durable dans notre commune.
Entretien réalisé par J C