Côte d’Ivoire / Bouaké : Un colloque international explore les chemins de l’élévation de la conscience humaine

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Côte d’Ivoire / Bouaké : Un colloque international explore les chemins de l’élévation de la conscience humaine

L’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké a accueilli, les 9 et 10 avril, un colloque international d’envergure autour d’un thème à la fois audacieux et profondément actuel : « La fabrication de la médiocrité : signes et significations du monde contemporain pour l’élévation de la conscience humaine ». Un rendez-vous intellectuel orchestré par l’organisation spirituelle internationale HERMESS, qui a réuni un parterre d’universitaires, chercheurs et penseurs venus réfléchir collectivement aux enjeux contemporains liés à la conscience humaine.

Dans un contexte mondial de plus en plus dominé par la matérialité et les logiques utilitaristes, les organisateurs ont voulu marquer une pause réflexive. Le Shaykh Idriss OUATTARA, fondateur de HERMESS et initiateur du colloque, a insisté sur l’urgence d’un retour à la dimension spirituelle de l’être humain. Selon lui, la conscience humaine se déploie en plusieurs niveaux minéral, végétal, animal, subtil et angélique et la société contemporaine semble sombrer dans les niveaux les plus bas de cette échelle.

« L’être humain est en train de s’éloigner de sa source, de ce qui fonde véritablement son humanité : la spiritualité », a-t-il affirmé dans son allocution d’ouverture. « Ce colloque ambitionne de poser un diagnostic sans complaisance sur cette dérive, tout en proposant des pistes concrètes pour réconcilier l’individu avec sa propre essence ».

Un dialogue entre savoirs rationnels et spirituels

Moment fort de cette première journée, la conférence inaugurale du professeur Emmanuel To Bi a captivé l’auditoire. Spécialiste de la poésie négro-africaine, il a brillamment tissé un lien entre rationalité scientifique, tradition mythologique et profondeur spirituelle. Pour lui, la quête de sens dans un monde globalisé ne peut se satisfaire d’une pensée purement cartésienne. Elle nécessite une ouverture vers des horizons plus sensibles, plus intérieurs.

« L’équilibre de l’être humain passe par une écoute des dimensions visibles et invisibles de la réalité », a-t-il souligné, plaidant pour une revalorisation de la sagesse africaine comme vecteur de conscience.

Les débats qui ont suivi ont été à la hauteur des attentes. Universitaires, philosophes, psychologues et anthropologues ont apporté des regards croisés sur les symptômes de la médiocrité contemporaine – perte de repères, consumérisme excessif, crise des valeurs – et ont esquissé les contours d’un cheminement intérieur capable de redonner du souffle à l’existence humaine.

Agbavou Raoul, docteur en philosophie à l’UAO, a résumé l’état d’esprit général : « Si nous voulons véritablement élever notre conscience, nous devons apprendre à conjuguer raison et spiritualité. Il ne s’agit pas de les opposer, mais de les faire dialoguer. »

Un colloque porteur d’espoir

Au terme de cette première journée riche en échanges, les participants ont unanimement salué la profondeur des interventions et la pertinence du thème. Pour beaucoup, ce colloque représente une étape essentielle dans la redéfinition des priorités de notre époque.

L’événement se poursuit avec des ateliers thématiques et des panels qui permettront d’approfondir les pistes esquissées. Une dynamique est enclenchée : celle d’une pensée universitaire au service de la reconquête de l’humain.

J C

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