Arts et Culture / Exposition : L’histoire de l’amitié entre Cheick Yacouba Sylla et Houphouët-Boigny en images et en lettres à la Rotonde des Arts Pendant deux semaines
Arts et Culture / Exposition : L’histoire de l’amitié entre Cheick Yacouba Sylla et Houphouët-Boigny en images et en lettres à la Rotonde des Arts Pendant deux semaines
Yacouba Sylla enseignant écrivain invite le public à aller à la Rotonde des Arts d’Abidjan-Plateau, pour découvrir en images et en lettres, l’histoire de l’amitié entre son grand-père Cheick Yacouba Sylla, premier mécène du RDA et Félix Houphouët-Boigny, premier président de la République de Côte d’Ivoire, tous les deux pères fondateurs du dialogue et la paix à l’échèle nationale.
A voir les innombrables images et écrits entre les deux hommes, l’exposition voulue par le Professeur et écrivain Yacouba Sylla prend tout son intérêt. Une histoire bien reconstituée, savamment bien documentée, intelligemment bien agencée. Des souvenirs vrais, réels, captivants, émouvants … un travail de grande fouille et de recherche, que la cérémonie de présentation du jeudi 20 février dernier a salué avec mention très honorable.
Selon les historiens, la rencontre à partir de 1940 de Félix Houphouët-Boigny, alors médecin à Guiglo, et Cheick Yacouba Sylla, guide religieux déporté dans la prison de Sassandra en 1930, a posé les bases d’un dialogue interculturel, interreligieux et de la paix en Côte d’Ivoire, dont le Président ivoirien s’est fait l’apôtre durant son long règne à la tête du pays. Si l’on connaît plus ou moins Houphouët-Boigny, comme le père fondateur de la Côte d’Ivoire, premier président de la République démocratique de Côte d’Ivoire, son ami Cheick Yacouba Sylla, lui, est un guide religieux, l’homme aura été un acteur très important dans la vie du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), dans la construction du développement économique et social de la Côte d’Ivoire.
Un homme généreux, premier transporteur de colis postaux au temps de l’administration coloniale, premier planteur, premier commerçant. Nioro du Sahel (actuel Mali) vers 1906, il est condamné par l’administration coloniale et exilé à Sassandra, en Côte d’Ivoire, où il purgea, de 1930 à 1938, une peine de prison et de travaux d’utilité publique. Durant son voyage vers Sassandra, la troupe marqua une brève escale à Gagnoa, en 1930, et le patriarche prit l’engagement de revenir bâtir sa vie et celle de sa communauté, aujourd’hui fortement implantée dans ladite ville. On amitié avec Félix Houphouët-Boigny et le soutien logistique qu’il lui a apporté pour la mise en place du Rassemblement démocratique Africain (Rda). Sans oublier son statut de grand opérateur économique et sa contribution pour le développement culturel par la construction des salles de cinéma dans 7 villes de la Côte d’Ivoire.
Après donc sa libération en 1938, Il y développe des plantations de cacao et de café, organise le transport des produits par camion, ouvre des commerces et fonde une chaîne de cinémas dans les principaux centres d’implantation de sa communauté. Pour perpétuer sa mémoire et ses œuvres, son petit-fils et homonyme Yacouba Sylla, écrivain, poète, auteur de l’œuvre ‘’Les Filles de Gagnoa’’ et président de l’Ong ‘’Lire et Savoir au Tunnel de la Fraternité (Lisaf), a produit un film documentaire intitulé ‘’ Yacouba Sylla, Gagnoa et la Côte d’Ivoire (Tome 1)’’. Véritable incursion dans la vie de celui qu’on appelle affectueusement le ‘’Sage de Gagnoa’’.
Au milieu du XXe siècle, le guide religieux a participé à l’essor du septième art en Côte d’Ivoire en édifiant des cinémas dans plusieurs villes du pays. De Yacouba Sylla, l’histoire retient la figure du guide religieux, fondateur dans les années 1930 d’une communauté soufie inspirée de l’hamallisme, et de l’entrepreneur dynamique. Né à Nioro du Sahel (actuel Mali), exilé en 1930 à Sassandra (Côte d’Ivoire) par les autorités coloniales françaises, il décide de s’installer à Gagnoa, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, après sa libération en 1938. Il y développe des plantations de cacao et de café, organise le transport des produits par camion et… fonde une chaîne de cinémas dans les principaux centres d’implantation de sa communauté. Ce pan de l’activité économique de Yacouba Sylla, présent dans la mémoire collective d’anciens cinéphiles, n’est toutefois évoqué qu’en passant dans les études universitaires et les écrits hagiographiques. Autrefois surveillé, Yacouba Sylla noue des relations apaisées avec l’administration dans les années 1940. En créant des cinémas, il participe à l’essor de ce nouveau loisir, dont il perçoit rapidement l’intérêt. Ce nom est en effet associé à un pan de l’histoire nationale du cinéma.
Valery Kelly