Côte d’Ivoire / Un ancien cadre ivoirien en exil pour des raisons politiques : Le témoignage de Kouakou Alain Barthélémy
Côte d’Ivoire / Un ancien cadre ivoirien en exil pour des raisons politiques : Le témoignage de Kouakou Alain Barthélémy
Kouakou Alain Barthélémy, ancien Directeur Marketing Centre à la Loterie Nationale de Côte d’Ivoire (Lonaci) et Secrétaire général du mouvement Espoir de la Génération 72 (EG72), a choisi l’exil pour préserver sa vie. Selon lui, son engagement politique et ses liens avec Guillaume Soro, ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, ont fait de lui une cible des autorités.
Un parcours marqué par un engagement risqué
Originaire du Centre-Est de la Côte d’Ivoire, Kouakou Alain Barthélémy affirme que son rapprochement avec Guillaume Soro a débuté le 15 septembre 2015, à travers un contact établi par Kader Doumbia, alors directeur de communication de Soro. Cette relation l’a conduit à participer à plusieurs activités officielles et initiatives politiques, notamment celles liées à la création du mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS).
Cependant, cet engagement a rapidement suscité des représailles. Il raconte avoir été victime d’intimidations, d’enlèvements et d’arrestations arbitraires. L’un des épisodes les plus marquants s’est déroulé dans la nuit du 19 janvier 2019, alors qu’il participait à une réunion à Cocody-Angré. Des hommes armés l’auraient enlevé, avec ses amis, avant de les détenir pendant trois jours dans un lieu inconnu, où ils auraient subi des mauvais traitements avant d’être relâchés à Bingerville.
Des arrestations et des menaces récurrentes
Quelques semaines après avoir assisté à la déclaration de démission de Guillaume Soro de l’Assemblée nationale, Kouakou Alain Barthélémy est convoqué par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). Détenu pendant deux jours, il est accusé d’atteinte à la sûreté de l’État avant d’être libéré le 7 mars 2019. Cette période est également marquée par des menaces de mort reçues par téléphone et sur son lieu de travail. Le 21 mars 2019, il est agressé physiquement et hospitalisé à la PISAM. Face à ces dangers croissants, il décide, en accord avec sa famille, de quitter le pays.
Un départ précipité et un exil incertain
Le 27 juillet 2019, avec l’aide d’amis officiers de police, Kouakou Alain Barthélémy quitte discrètement la Côte d’Ivoire. Il vit depuis en exil, dans un lieu qu’il préfère garder confidentiel. Il affirme ne pas envisager un retour prochain et se dit prêt à fournir des détails aux autorités de l’immigration américaine pour justifier sa situation.
Pour cet ancien cadre de la Lonaci, son départ est un choix nécessaire pour préserver sa vie, mais il exprime l’espoir de pouvoir un jour retrouver sa terre natale dans des conditions plus sûres.
Nambacéré Joël