Après le ralliement de Kangah au RHDP, AGIR risque de perdre son statut : Le RHDP derrière la fragilisation du groupe ?

Après le ralliement de Kangah au RHDP, AGIR risque de perdre son statut : Le RHDP derrière la fragilisation du groupe ?

Le groupe parlementaire AGIR, constitué de huit députés, pourrait perdre son statut après le départ annoncé d’Antoine Kangah, désormais membre du RHDP. Des proches de l’élu évoquent des pressions, sans qu’une implication du parti au pouvoir ne soit officiellement établie.

Le groupe parlementaire AGIR se retrouve à nouveau au centre des interrogations à l’approche de l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale, prévue le 1er octobre.

Constitué en février 2026 avec huit députés indépendants, AGIR avait atteint le seuil requis pour former un groupe parlementaire.

Mais le départ annoncé d’Antoine Kangah pourrait désormais remettre en cause cette configuration. Élu député de M’Batto, Kangah a officiellement rejoint le RHDP le 25 avril 2026, après avoir été un cadre du PPA-CI.

Son départ d’AGIR ferait passer l’effectif du groupe à sept députés, compromettant ainsi son maintien en tant que groupe parlementaire.

Le ralliement de Kangah change la donne

Le changement de formation politique d’Antoine Kangah constitue un élément central de cette nouvelle configuration.

Lors de son adhésion au RHDP à M’Batto, le député-maire avait rejoint le parti au pouvoir avec plusieurs de ses partisans. La cérémonie avait notamment enregistré la présence de responsables de premier plan du RHDP.

Quelques mois plus tard, son départ annoncé d’AGIR intervient donc dans un contexte de recomposition politique.

Pour le groupe parlementaire, l’enjeu est désormais arithmétique : avec sept membres, AGIR ne disposerait plus de l’effectif qui avait permis sa constitution.

Des pressions évoquées autour du départ

Selon des proches d’Antoine Kangah, le député aurait subi des pressions pour quitter AGIR.

Cette accusation soulève une question politique : son départ est-il uniquement la conséquence de son ralliement au RHDP ou s’inscrit-il dans une dynamique plus large de recomposition des groupes parlementaires ?

À ce stade, aucun élément public ne permet d’établir que le RHDP aurait directement organisé ou provoqué le départ de Kangah d’AGIR.

Le parti au pouvoir est néanmoins au centre des interrogations du fait du ralliement de l’élu et de la conséquence immédiate que son départ pourrait avoir sur l’existence du groupe.

Un précédent lors de la création d’AGIR

La situation actuelle rappelle également les difficultés rencontrées lors de la constitution du groupe.

Selon les informations rapportées lors de sa création, une première tentative avait échoué après le désistement de dernière minute d’un député, faisant passer l’effectif sous le seuil requis. Le groupe avait finalement été constitué avec huit élus indépendants.

Cette naissance mouvementée donne aujourd’hui une résonance particulière au départ annoncé de Kangah.

AGIR avait été présenté comme un espace permettant à des députés indépendants de s’organiser collectivement au sein de l’hémicycle.

Quel avenir pour AGIR ?

La question est désormais de savoir si le groupe pourra maintenir ses huit membres ou trouver un nouveau député pour compenser le départ de Kangah.

Une disparition d’AGIR ne modifierait pas, à elle seule, le rapport de forces global au sein de l’Assemblée nationale. Elle modifierait en revanche la configuration des groupes parlementaires et l’espace d’expression collective dont disposent ses membres.

La rentrée parlementaire du 1er octobre sera donc un rendez-vous important pour déterminer l’avenir du groupe.

D’ici là, une question demeure : le départ de Kangah est-il simplement la conséquence de son ralliement au RHDP ou participe-t-il à une recomposition plus large de l’espace parlementaire ?

Les éléments actuellement disponibles ne permettent pas de trancher cette question. Mais le passage potentiel d’AGIR de huit à sept députés place désormais le groupe dans une situation particulièrement fragile.

Solange Djébami

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