Spécial Olympics 2026 : Gagnoa décroche 5 médailles et lance un appel aux autorités

Spécial Olympics 2026 : Gagnoa décroche 5 médailles et lance un appel aux autorités

La cité du Fromager peut être fière de ses champions. Engagée aux Jeux nationaux « Special Olympics », organisés du 21 au 23 août 2026 à Yamoussoukro, la délégation de Gagnoa a réalisé une belle performance en décrochant 5 médailles, dont 3 en or et 2 en argent, sur les six athlètes engagés.

Une moisson qui témoigne du potentiel des sportifs en situation de handicap dans la région du Gôh. Mais derrière ces médailles se cache une autre réalité : celle d’athlètes qui évoluent avec des moyens limités et qui attendent toujours un accompagnement des autorités.

Cinq médailles dans deux disciplines

Pour cette édition des Jeux nationaux « Special Olympics », les représentants de Gagnoa ont concouru dans deux disciplines : le bocce (boule) et l’athlétisme.

Le bilan est particulièrement satisfaisant. En bocce, les athlètes ont obtenu deux médailles d’or. En athlétisme, ils ont décroché une médaille d’or et deux médailles d’argent.

« On a compéti dans deux disciplines, à savoir le bocce (boule) et l’athlétisme. Le résultat a donné deux médailles d’or en bocce. Au niveau de l’athlétisme, on a obtenu une médaille d’or et deux médailles d’argent. On peut dire que le bilan est positif », explique Charles Gbana, coach de l’équipe de Gagnoa.

Avec trois médailles d’or et deux médailles d’argent, les représentants de Gagnoa ont ainsi porté haut les couleurs de leur ville.

Des champions formés dans des conditions difficiles

Cette performance n’est pourtant pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de plusieurs années de travail, de discipline et de persévérance.

Mais l’encadrement se fait dans des conditions particulièrement difficiles. Selon le coach Charles Gbana, aucune subvention régulière ne permet actuellement de soutenir convenablement la préparation des athlètes.

Malgré cette situation, les entraînements se poursuivent.

Les sportifs se retrouvent chaque samedi, de 16 h à 18 h, pour leurs séances d’entraînement sous la supervision de leur coach. « Nous n’avons aucune subvention, c’est du bénévolat que je fais », déplore Charles Gbana.

Pour lui, le manque de moyens ne doit toutefois pas constituer un obstacle à la progression de ces jeunes athlètes. Il affirme avoir adressé plusieurs courriers aux autorités compétentes afin de solliciter un accompagnement, sans obtenir, selon ses déclarations, de suite favorable.

Un appel à changer le regard sur le handicap

Au-delà de la question financière, le coach souhaite également attirer l’attention sur la manière dont les personnes en situation de handicap sont parfois considérées dans la société.

Charles Gbana appelle notamment les responsables politiques, administratifs et les populations à porter un regard différent sur ces athlètes. « Qu’on soit homme politique ou administrateur, on ne perçoit pas très bien l’aide qu’il faut apporter à ces enfants qualifiés d’enfants “serpents”. Pourtant, ce sont des êtres humains comme nous », affirme-t-il.

Pour l’entraîneur, ces jeunes ont avant tout besoin d’être considérés comme des citoyens capables de réaliser de grandes choses lorsqu’ils bénéficient d’un environnement favorable. « On espère qu’avec la sensibilisation, les gens vont changer de comportement et regarder autrement ces enfants-là. Ils n’ont pas demandé à être dans cet état. Ils sont nés avec un handicap », ajoute-t-il.

Les cinq médailles remportées à Yamoussoukro constituent, selon lui, une preuve supplémentaire que le handicap ne doit pas être synonyme d’exclusion.

Les médailles toujours en attente d’une reconnaissance officielle

La satisfaction sportive contraste cependant avec une déception : les athlètes n’auraient pas encore été officiellement reçus par les différentes autorités de la région du Gôh pour présenter leurs médailles. À ce jour, selon le coach, les distinctions remportées à Yamoussoukro n’ont pas encore été présentées officiellement aux autorités régionales.

Une situation que Charles Gbana juge regrettable.

Ces athlètes ont représenté Gagnoa lors d’une compétition nationale et ont contribué à faire connaître davantage la ville à travers leurs performances. Pour l’entraîneur, leur réussite mérite donc une reconnaissance à la hauteur des efforts consentis.

Il souhaite ainsi que les autorités administratives et politiques de la région accordent davantage d’attention à ces champions et à leur encadrement. « Ces médailles seront des éléments catalyseurs »

Malgré les difficultés, Charles Gbana refuse de céder au découragement.

Pour lui, les cinq médailles obtenues à Yamoussoukro peuvent justement servir de point de départ à une nouvelle dynamique. « Ces médailles seront des éléments catalyseurs pour faire changer les choses. Nous envisageons de présenter les lauréats et les médailles au préfet de région et aux autres autorités de la ville. Car ces athlètes ont fait honneur à Gagnoa », annonce-t-il.

L’objectif est désormais de faire connaître davantage ces sportifs, mais surtout de leur permettre de bénéficier d’un accompagnement matériel, financier et institutionnel.

Direction le Chili en 2027

Alors que les médailles de Yamoussoukro viennent à peine d’être remportées, une nouvelle échéance se profile déjà pour les champions de Gagnoa.

Selon Charles Gbana, Gagnoa a été choisi à la suite d’un tirage au sort pour représenter la Côte d’Ivoire aux Jeux mondiaux « Special Olympics » prévus au Chili en 2027.

Une perspective qui constitue une importante source de motivation pour les athlètes et leur encadrement.

Mais cette participation internationale nécessitera une préparation beaucoup plus importante. Déplacements, équipements, entraînements et encadrement : les besoins seront nombreux. « C’est par sa grâce que Gagnoa a été désigné pour représenter la Côte d’Ivoire au Chili », déclare le coach.

Cette échéance internationale apparaît donc comme une occasion supplémentaire de démontrer le talent de ces athlètes et de promouvoir l’inclusion par le sport.

340 athlètes venus de 19 villes

Les Jeux nationaux « Special Olympics » de Yamoussoukro 2026 se sont déroulés autour du thème : « Sport, handicap et inclusion sociale ». La compétition a réuni 340 athlètes venus de 19 villes de Côte d’Ivoire.

Dans ce contexte, la performance de Gagnoa prend une dimension particulière. Avec seulement six athlètes engagés, la délégation revient avec cinq médailles, dont trois en or. Un résultat qui constitue une véritable source de fierté pour la cité du Fromager. Mais ces distinctions rappellent également une réalité : les sportifs en situation de handicap ont besoin d’être accompagnés, encouragés, valorisés et reconnus.

Continuer à travailler malgré tout

En attendant une éventuelle réaction des autorités, les athlètes de Gagnoa continuent leur préparation. Chaque samedi, de 16 h à 18 h, ils retrouvent leur espace d’entraînement pour travailler, progresser et préparer les prochaines compétitions. Le défi est désormais de maintenir le niveau acquis et de se préparer sérieusement pour l’échéance internationale de 2027.

Les cinq médailles de Yamoussoukro ne sont donc pas seulement des récompenses sportives. Elles sont aussi le symbole du courage, de la détermination et du potentiel de ces athlètes qui continuent d’avancer malgré le manque de moyens.

De Yamoussoukro au Chili, Gagnoa rêve désormais de nouveaux podiums.

Mais avant de conquérir les scènes internationales, les champions lancent un appel : être reçus par les autorités de la région du Gôh, être reconnus pour leurs performances et bénéficier d’un accompagnement durable pour continuer à représenter dignement Gagnoa et la Côte d’Ivoire.

REPORTAGE RÉALISÉ PAR IGOUE N’CHIRA

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