Gastronomie / Coupe du monde BOCUSE D’OR AFRIQUE 2026 : Les Éléphants déterminés à conquérir l’Afrique à Agadir et aller à Lyon 2027

Gastronomie / Coupe du monde BOCUSE D’OR AFRIQUE 2026 : Les Éléphants déterminés à conquérir l’Afrique à Agadir et aller à Lyon 2027

Du 22 au 24 septembre 2026 à Agadir, au Maroc, la Côte d’Ivoire défendra ses couleurs sur deux fronts : la pâtisserie-chocolaterie et la cuisine. Une double offensive inédite qui pourrait permettre au pays de réaliser un véritable exploit sur la scène gastronomique africaine et mondiale.

Ils ont le talent. Ils ont l’expérience. Ils ont surtout l’ambition. Il leur manque désormais le soutien nécessaire pour transformer cette ambition en victoire. À quelques semaines de la grande bataille d’Agadir, les deux équipes ivoiriennes engagées dans les qualifications africaines du Bocuse d’Or 2026 veulent croire en leurs chances de décrocher les précieux tickets pour la finale mondiale de Lyon 2027.

Réunis mardi 1er septembre en conférence de presse, au Centre d’Innovation du chocolatier Puratos, à Yopougon Zone industrielle, les responsables de la Fédération des pâtissiers-chocolatiers et cuisiniers de Côte d’Ivoire ont officiellement présenté les deux sélections nationales. Dans les regards des capitaines, une même détermination : ne pas aller à Agadir pour participer, mais pour se qualifier.

Pour la pâtisserie-chocolaterie, la Côte d’Ivoire n’est pas une inconnue du Bocuse d’Or. Le pays possède déjà une expérience et un palmarès qui imposent le respect. À la tête de la sélection ivoirienne, Chef Servais Zinsou, vice-président de la Fédération, coach le candidat Adama. Il connaît bien les exigences de cette compétition internationale. Cette nouvelle campagne représente la sixième participation ivoirienne.

La Côte d’Ivoire y a déjà connu les honneurs avec notamment un titre de champion d’Afrique en 2015, une place de vice-champion et une distinction récompensant le travail autour du développement et de la valorisation des produits locaux.

Mais cette fois, le capitaine veut aller plus loin. « Nous sommes prêts à partir comme des Éléphants conquérants. Nous espérons revenir du Maroc avec la victoire », affirme Chef Zinsou. Un discours qui résume parfaitement l’état d’esprit de cette équipe : respecter l’adversaire, mais surtout croire en ses propres forces.

Dominique Bably, le premier à vouloir écrire l’histoire

En cuisine, l’enjeu est encore plus symbolique. Pour la toute première fois, la Côte d’Ivoire engage une équipe au Bocuse d’Or dans cette discipline. Une première qui place Chef Dominique Bably face à une responsabilité particulière.

Directeur exécutif de l’Hôtel Président de Yamoussoukro et président du Réseau des Chefs cuisiniers de la Diaspora, le capitaine ivoirien veut profiter de cette première pour frapper un grand coup. À la tête d’une équipe de cinq personnes, il veut démontrer que la cuisine ivoirienne a toute sa place dans le cercle très fermé des grandes cuisines internationales.

Avec l’appui de son coach, Chef Traoré, Bably affiche une confiance assumée. « Avec l’expérience que chacun de nous a dans son domaine, nous partons confiants. Nous mettons tous les atouts de notre côté pour

hisser haut le drapeau orange-blanc-vert », explique-t-il.

Mais le capitaine ne cache pas non plus son ambition : qualifier la Côte d’Ivoire dès sa première participation.

Deux tickets pour l’Afrique… et pas un de plus.

À Agadir, les Éléphants devront batailler ferme. Le continent africain ne dispose que de deux places qualificatives pour la grande finale de Lyon 2027.

La marge d’erreur sera donc extrêmement faible.

Pour Chef Bably, le calcul est simple : « Soit on est premier, soit on est deuxième. » Pas question, selon lui, de laisser passer cette opportunité historique. Car derrière cette qualification se profile Lyon 2027, rendez-vous mondial de l’élite gastronomique. Une présence ivoirienne en finale constituerait un formidable coup de projecteur sur les talents du pays, mais également sur ses produits et son identité culinaire.

Le talent ne suffit pas toujours

Dans cette course vers Lyon, les chefs ivoiriens savent toutefois qu’une autre bataille se joue en coulisses : celle des moyens.

Une compétition de ce niveau exige une préparation minutieuse et particulièrement coûteuse. Les séances d’entraînement, les déplacements, les billets d’avion, les ingrédients, le matériel, la conception des pièces et plateaux artistiques ou encore toute la logistique de préparation représentent des investissements importants.

« Nous avons besoin d’assez de moyens pour compétir dans les meilleures conditions. Nous demandons surtout au gouvernement de nous accompagner financièrement. Nous attendons également la mobilisation des partenaires du secteur privé », plaide Chef Bably. Le message est donc lancé. Le talent est ivoirien. L’ambition est ivoirienne. Mais le défi est national.

Les premiers soutiens se mobilisent

Cet appel commence déjà à trouver un écho auprès de plusieurs acteurs. Le Ministère de l’Artisanat a accepté d’apporter un appui financier aux équipes. Le chocolatier Puratos, qui a accueilli la présentation des sélections, participe également à cette dynamique d’accompagnement.

Autre soutien particulièrement attendu : celui de Côte d’Ivoire Tourisme.

Lundi 31 août, les deux équipes ont été reçues à l’Office national du tourisme. À cette occasion, sa directrice générale, Maléka Mourad-Condé, leur a exprimé son soutien et la volonté de l’institution d’accompagner leur participation.

Une mobilisation qui pourrait faire boule de neige.

Car pour les capitaines, chaque partenaire compte. Chaque contribution peut permettre d’améliorer la préparation, de renforcer les entraînements et d’offrir aux candidats les conditions nécessaires pour rivaliser avec les meilleures équipes africaines.

Quand la gastronomie devient une affaire de nation

Au-delà des casseroles, des fours, du chocolat et des assiettes, c’est l’image d’une Côte d’Ivoire ambitieuse qui se présentera à Agadir.

La gastronomie est aujourd’hui devenue un véritable instrument de rayonnement. Elle raconte un pays, ses produits, son histoire, sa créativité et son savoir-faire.

La Côte d’Ivoire dispose d’un formidable patrimoine culinaire et de produits d’exception. Cacao, chocolat, café, fruits tropicaux, épices, produits vivriers… autant de richesses que les chefs veulent transformer en véritables ambassadeurs du pays.

Chef Zinsou veut prolonger l’histoire ivoirienne en pâtisserie-chocolaterie. Chef Bably veut ouvrir un nouveau chapitre en cuisine.

Deux capitaines, deux équipes de cinq personnes, deux disciplines et une seule destination rêvée : Lyon 2027. Mais avant Lyon, il faudra conquérir Agadir. À la Côte d’Ivoire de jouer !

Le compte à rebours est désormais lancé.

Les chefs se préparent. Les équipes peaufinent leurs créations. Les partenaires commencent à se mobiliser. Mais les capitaines veulent davantage : une mobilisation nationale à la hauteur de l’enjeu. Parce qu’à Agadir, les Éléphants ne défendront pas uniquement leurs carrières.

Ils porteront les couleurs, les saveurs et le savoir-faire de toute une nation.

Et si la Côte d’Ivoire parvenait à qualifier ses deux équipes pour Lyon 2027, elle réaliserait bien plus qu’une performance gastronomique : elle signerait un véritable exploit historique.

Alors, avant que les fourneaux d’Agadir ne s’allument, une question mérite d’être posée :

La Côte d’Ivoire donnera-t-elle à ses Éléphants les moyens de rugir jusqu’à Lyon ?

Valery Kelly

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