Côte d’Ivoire/Ouragahio: La cherté du poisson étouffe le budget des ménages
La cherté du poisson continue de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des populations d’Ouragahio, dans la région du Gôh. Malgré les efforts déployés par le gouvernement ivoirien dans le cadre de la lutte contre la vie chère, les prix pratiqués sur le marché municipal restent élevés. Ce mercredi 4 novembre 2026, le carton de poisson maquereau se négocie toujours à 30 000 FCFA. Une situation qui suscite de nombreuses inquiétudes chez les ménages, particulièrement les familles aux revenus modestes.
À l’occasion d’un constat effectué sur le terrain, l’équipe de reportage de AFRIQUEINFOS a relevé plusieurs prix pratiqués sur le marché municipal d’Ouragahio et recueilli les témoignages de commerçantes et de consommatrices confrontées quotidiennement à cette réalité.
Un constat préoccupant sur les prix du poisson au marché municipal
Sur le marché municipal d’Ouragahio, le constat est sans appel : les prix du poisson demeurent élevés et continuent de préoccuper les populations.
Au cours de notre passage sur le terrain, le kilogramme de plusieurs variétés de poissons a été constaté à 2 000 FCFA.
Il s’agit notamment de : Poisson Apolo : 2 000 FCFA le kilogramme ; Poisson maquereau : 2 000 FCFA le kilogramme ; Poisson Chacha : 2 000 FCFA le kilogramme.
Par ailleurs, le carton de poisson maquereau demeure vendu à 30 000 FCFA.
Ces différents tarifs constituent une véritable difficulté pour les ménages, particulièrement ceux disposant de revenus modestes. Produit incontournable dans les habitudes alimentaires de nombreuses familles ivoiriennes, le poisson occupe une place importante dans la préparation des repas quotidiens. Cependant, son coût actuel représente une charge supplémentaire pour des familles déjà confrontées à de nombreuses dépenses.
Cette situation relance le débat sur les retombées concrètes des mesures gouvernementales de lutte contre la vie chère dans les marchés de l’intérieur du pays.
Une vendeuse de poisson frais : « Ce n’est pas notre faute »
Interrogée par notre équipe de reportage, une vendeuse de poisson frais exerçant sur le marché municipal d’Ouragahio, qui a souhaité garder l’anonymat, a tenu à apporter des éclaircissements sur la situation.
« Ce n’est pas notre faute, le prix du poisson n’a pas changé », a-t-elle déclaré.
À travers cette réaction, la commerçante entend faire comprendre que les vendeuses ne sont pas nécessairement responsables du maintien des prix à un niveau élevé. Selon les réalités de leur activité, les tarifs proposés aux consommateurs dépendent également des conditions d’approvisionnement et des prix auxquels elles achètent leurs marchandises.
Une vendeuse de poisson séché évoque les stocks des grossistes
Notre équipe de reportage a également recueilli le témoignage d’une vendeuse de poisson séché, qui a elle aussi requis l’anonymat. Selon cette commerçante, certains grossistes attendraient d’écouler leurs stocks avant de revenir aux prix attendus dans le cadre des mesures gouvernementales.
« Les grossistes disent qu’ils veulent d’abord écouler leurs stocks avant de revenir aux prix du gouvernement ivoirien. Donc, le poisson est très cher », a-t-elle expliqué.
Cette déclaration met en lumière les difficultés qui pourraient exister au niveau des circuits d’approvisionnement et de distribution. Elle soulève également la question de la répercussion effective des mesures de lutte contre la vie chère jusqu’aux détaillants et, surtout, aux consommateurs.
Toutefois, ces affirmations mériteraient d’être confrontées aux explications des grossistes et des autorités compétentes afin de mieux comprendre les mécanismes de fixation des prix.
Mme N’Guessan Adjoua Martine, ménagère : « Nous avons aussi besoin de nourrir dignement nos familles »
Du côté des consommateurs, la situation est loin d’être satisfaisante. Mme N’Guessan Adjoua Martine, ménagère, interrogée par l’équipe de reportage de AFRIQUEINFOS, exprime ses inquiétudes face au maintien des prix du poisson.
« Franchement, la situation devient de plus en plus difficile pour nous, les ménagères. Avec le prix du carton de maquereau qui reste à 30 000 FCFA, il devient compliqué de faire les achats nécessaires pour nourrir correctement nos familles. Nous entendons parler des efforts du gouvernement pour lutter contre la vie chère, mais sur le terrain, au marché municipal d’Ouragahio, nous ne constatons pas encore de véritable baisse. Nous souhaitons que les autorités prennent davantage de mesures pour que les prix soient réellement accessibles aux populations. Nous aussi, nous avons besoin de vivre dignement et de nourrir convenablement nos enfants », a-t-elle confié.
Un témoignage qui traduit le sentiment de préoccupation de nombreux ménages face à la difficulté de maintenir un budget alimentaire équilibré.
Mme Dacoury, sage-femme à la retraite : « Faire le marché est devenu un véritable casse-tête »
La cherté du poisson préoccupe également les personnes ayant exercé dans le secteur professionnel avant leur retraite. C’est le cas de Mme Dacoury, sage-femme à la retraite, rencontrée par notre équipe de reportage au marché municipal d’Ouragahio.
Cette dernière n’a pas caché son inquiétude face à la persistance des prix élevés et appelle les autorités ivoiriennes à renforcer les contrôles sur les marchés.
« Nous souffrons énormément de cette cherté des produits alimentaires. Aujourd’hui, faire le marché est devenu un véritable casse-tête pour les ménages. Le prix du carton de poisson maquereau à 30 000 FCFA est difficile à supporter pour les familles. Nous demandons aux autorités ivoiriennes de renforcer les contrôles sur les marchés afin que les mesures prises contre la vie chère soient réellement appliquées. Nous souhaitons voir une baisse effective des prix, car ce sont les populations les plus modestes qui subissent les conséquences de cette situation », a-t-elle déclaré.
Son intervention vient renforcer les préoccupations exprimées par les autres consommatrices, qui souhaitent voir les efforts gouvernementaux produire des résultats tangibles dans leur quotidien.
Les autorités attendues sur le terrain
La situation observée au marché municipal d’Ouragahio remet au centre des préoccupations la question de l’efficacité des mesures de lutte contre la vie chère dans les localités de l’intérieur du pays.
Pour les consommateurs, il ne suffit pas que des mesures soient annoncées au niveau national. Il faut également que leurs effets soient perceptibles jusque dans les marchés communaux.
Le renforcement du suivi des prix, le contrôle des circuits d’approvisionnement et le dialogue avec les grossistes et les détaillants pourraient contribuer à une meilleure compréhension de cette situation.
Les populations espèrent ainsi que les autorités compétentes se pencheront davantage sur les réalités du marché municipal d’Ouragahio afin que les consommateurs puissent accéder aux produits alimentaires à des prix raisonnables.
À Ouragahio, les ménages attendent toujours une baisse effective
Au terme de ce constat réalisé ce mercredi 4 novembre 2026, une réalité demeure : le carton de poisson maquereau se vend toujours à 30 000 FCFA sur le marché municipal d’Ouragahio, tandis que les kilogrammes de poissons Apolo, maquereau et Chacha sont proposés à 2 000 FCFA chacun.
Entre les explications des commerçantes, les inquiétudes des ménagères et les appels des consommateurs, la question de la cherté du poisson reste entière dans cette commune de la région du Gôh.
La question mérite donc d’être posée : quand les populations d’Ouragahio pourront-elles enfin ressentir, dans leurs paniers de marché, les effets concrets des mesures gouvernementales de lutte contre la vie chère ? Les prochains jours permettront de suivre l’évolution des prix et de vérifier si une baisse se dessine sur le marché municipal.
IGOUE N’CHIRA