Bouaké : L’université annonce un colloque international sur l’avenir du monde rural africain

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Bouaké : L’université annonce un colloque international sur l’avenir du monde rural africain

L’Université Alassane Ouattara (UAO) à travers le centre de recherche de Développement, le Centre national de recherche agronomique (CNRA) et AfricaRice organisent, du 2 au 4 novembre 2026 à Bouaké, la première édition du Colloque international pluridisciplinaire sur les questions rurales en Afrique. L’annonce a été faite le samedi 31 octobre 2026 lors d’une conférence de presse animée par le président du comité d’organisation, le Dr Kouassi Édouard, maître de recherche en sociologie au Centre de recherche pour le développement (CRD) de l’Université Alassane Ouattara. Placée sous le thème « Repenser le développement agricole à l’ère du changement climatique et de l’intelligence artificielle », cette rencontre scientifique entend proposer des réponses durables aux défis du monde agricole africain.

Selon le président du comité d’organisation, le Dr Kouassi Édouard, cette initiative répond à la nécessité de repenser les modèles agricoles face à la dégradation de l’environnement.

« Les difficultés du développement rural sont connues, mais elles s’aggravent au fil des années. Les pratiques agricoles ont contribué à la destruction de nos forêts, avec des conséquences directes sur les changements climatiques. Dans ce contexte, il faut réfléchir pour trouver des solutions innovantes et résilientes capables de soulager nos producteurs », a-t-il expliqué.

L’ambition est de comprendre les dynamiques agricoles, d’analyser les transformations en cours et de dégager des solutions durables. La rencontre se veut à la fois pluridisciplinaire et transdisciplinaire, en associant les sciences agronomiques, les sciences sociales, l’économie, le droit, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie et les sciences de la nature, mais également les acteurs qui interviennent quotidiennement dans le secteur agricole.

Les travaux s’articuleront autour de quatre principales thématiques. Le premier axe portera sur les politiques agricoles, les défis structurels, l’entrepreneuriat et le développement durable. Le deuxième sera consacré au financement agricole et à l’inclusion financière, notamment aux difficultés d’accès au crédit rencontrées par les petits producteurs et les exploitations familiales.

Le troisième axe abordera la question du foncier rural, la sécurisation des terres et la gestion durable des espaces ruraux. Enfin, le quatrième s’intéressera aux pratiques agricoles, à l’intelligence artificielle, aux innovations numériques et à la productivité agricole.

L’importance de cette première édition se mesure également à la participation scientifique annoncée. Les organisateurs indiquent avoir reçu plus de 120 propositions de communications provenant de plusieurs pays africains et d’ailleurs. La France, le Maroc, le Sénégal, le Congo, le Burkina Faso, le Togo, le Niger, le Mali et le Cameroun figurent notamment parmi les pays représentés.

Pour le Dr Kouassi Édouard, cette démarche collective permettra de croiser les expériences et les connaissances afin de proposer des réponses contextualisées aux difficultés du monde rural. « Il ne faut pas faire des solutions copier-coller. Il faut contextualiser les solutions. Nous allons réfléchir ensemble pour trouver des solutions qui nous ressemblent, adaptées et résilientes aux problèmes de l’Afrique », a-t-il soutenu.

Profitant de la lucarne, il a a lancé un appel solennel aux autorités, aux décideurs, aux acteurs du développement rural, aux chercheurs, aux enseignants-chercheurs et aux étudiants pour une mobilisation massive.

« Nous voulons des décisions concrètes. Si les décideurs ne sont pas impliqués, nous trouvons toujours des solutions, mais elles restent dans les tiroirs », a-t-il fait observer, insistant sur la nécessité de faire participer les responsables institutionnels aux réflexions afin de favoriser la mise en œuvre des recommandations.

Il a également invité les étudiants de l’Université Alassane Ouattara à se mobiliser pour assurer une participation remarquable aux travaux, prévus dans l’amphithéâtre A des Sciences économiques.

J C

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