Côte d’Ivoire / Le Collectif des journalistes pour la défense des textes de l’UNJCI proteste contre la convocation illégale d’un Congrès extraordinaire de l’UNJCI
Côte d’Ivoire / Le Collectif des journalistes pour la défense des textes de l’UNJCI proteste contre la convocation illégale d’un Congrès extraordinaire de l’UNJCI
DECLARATION
Nous, soussignés, membres du Collectif des journalistes pour la défense des textes de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), par ailleurs, membre de ladite organisation, constatons avec gravité et indignation la convocation, par le Conseil d’Administration, d’un congrès extraordinaire pour le 25 février 2026, soit à vingt-quatre heures de l’échéance statutaire marquant la fin des mandats du Conseil d’Administration et du Conseil Exécutif.
Cette initiative qui ne repose sur aucun fondement juridique valable au regard des Statuts et du Règlement intérieur de l’UNJCI intervient dans un contexte où le 12ᵉ Congrès ordinaire a été suspendu par une décision de justice et une action en correctionnelle est annoncée pour le 2 mars 2026, soulève de sérieux doutes sur ses motivations réelles, qui apparaissent davantage comme une tentative de prolongation déguisée de mandats arrivés à terme que comme une réponse loyale à une « crise grave ».
- Nous dénonçons une violation manifeste des textes
Le Conseil d’Administration prétend fonder sa décision sur l’article 15 des Statuts, qui prévoit la réunion d’un congrès extraordinaire « en cas de crise grave ».
Or, le Règlement intérieur, qui précise ce dispositif, est sans ambiguïté :
L’article 4 définit la « crise grave » exclusivement comme :
La démission d’au moins 2/3 du Conseil Exécutif ; ou la démission en bloc du Conseil d’Administration ; ou la démission en bloc des deux instances, et ce, selon des modalités bien encadrées.
L’article 5, alinéa 1, adopté par le congrès de 2019, impose en outre que : « Dans tous les cas de figure, la session extraordinaire du Congrès se tient dans un délai de trois (3) mois à compter de la date de démission. »
Nous constatons solennellement que :
Aucune démission massive du Conseil Exécutif ou du Conseil d’Administration n’a été enregistrée ;
Aucun des cas prévus à l’article 4 du Règlement intérieur n’est réuni ;
Aucun délai lié à une démission ne peut être valablement invoqué.
En conséquence, les conditions statutaires et réglementaires d’un congrès extraordinaire ne sont pas remplies.
La convocation du 25 février 2026 est donc, en droit comme en fait, illégale et nulle de sens.
2 Nous rejetons l’invocation abusive d’une prétendue « crise grave »
Nous refusons l’usage abusif et opportuniste de la notion de « crise grave » pour contourner les textes.
Les tensions internes, divergences de gestion, contestations de procédures ou recours judiciaires :
Relèvent du fonctionnement normal d’une organisation démocratique ;
Ne sauraient être assimilés à l’effondrement des organes dirigeants par démissions massives, seule situation expressément visée par nos textes.
La précipitation de cette convocation, fixée à un mercredi, deux jours seulement avant la date, sans véritable préparation ni souci de la disponibilité : des journalistes en activité ; des membres résidant à l’intérieur du pays ; confirme le caractère forcé et artificiel de cette démarche, qui apparaît comme une tentative de mettre les membres devant le fait accompli.
3 Nous dénonçons une manœuvre de prolongation illégitime des mandats
Nous relevons que : les mandats du Conseil Exécutif et du Conseil d’Administration sont arrivés à échéance depuis le 27 novembre 2025 avec une prorogation de 90 jours qui s’achèvent ce jeudi 26 février 2026 ;
au cours des deux mandats de M. Jean-Claude Coulibaly, les deux organes n’ont cessé de s’opposer sur l’organisation régulière des assemblées statutaires ;
le Conseil d’Administration est demeuré silencieux et inactif lorsque :
le congrès extraordinaire de toilettage des textes, décidé par le 11ᵉ congrès ordinaire, n’a pas été convoqué ;
les assemblées générales annuelles statutaires n’ont pas été organisées.
Nous constatons que ce même Conseil d’Administration, resté muet face à ces manquements graves, se découvre aujourd’hui un pouvoir d’initiative « extraordinaire » précisément à la veille de la « mort clinique » des organes en place.
Nous en concluons que :
ce congrès extraordinaire est instrumentalisé pour prolonger des mandats arrivés à terme, en contravention totale avec l’esprit et la lettre de nos textes ;
l’ordre du jour ne saurait, en l’absence de démissions, se conformer aux exigences du Règlement intérieur, qui impose qu’il porte exclusivement sur les causes de la « crise grave ».
4 Nous alertons sur le danger pour la crédibilité et la stabilité de l’UNJCI
Nous mettons en garde contre les conséquences d’un tel passage en force :
Acceptons-nous que l’UNJCI soit gouvernée dans l’illégalité ?
Acceptons-nous que les Statuts et le Règlement intérieur soient piétinés au profit de calculs de maintien au pouvoir ?
Une telle dérive :
Fragilise la crédibilité de l’UNJCI auprès de ses membres, de ses partenaires et des autorités ;
Ouvre la voie à des contestations internes et à des troubles évitables ;
Installe notre Union dans une crise institutionnelle durable.
6 Nos exigences et nos appels
En conséquence, nous, membres protestataires de l’UNJCI :
DÉNONÇONS ET REJETONS
La convocation du congrès extraordinaire du 25 février 2026, que nous tenons pour illégale, inopportune et contraire aux Statuts et au Règlement intérieur ;
Toute tentative de prolongation déguisée des mandats du Conseil Exécutif et du Conseil d’Administration.
INVITONS LES MEMBRES DU CONGRÈS
A s’opposer, par tous les moyens statutaires et légaux, à la tenue de ce congrès extraordinaire sans base juridique ;
À refuser tout ordre du jour qui ne serait pas strictement et directement fondé sur les conditions prévues par les textes en cas de crise grave matérialisée par des démissions.
CONSIDÉRANT LA FIN DES MANDATS DU CONSEIL EXÉCUTIF ET DU CONSEIL D’ADMINISTRATION,
Nous EXIGEONS :
La mise en place immédiate d’un comité de transition composé du Conseil des sages et des anciens présidents de l’UNJCI ;
Ce comité, à mandat limité, aura pour seule mission :
De gérer les affaires courantes ;
D’organiser, dans les plus brefs délais, le 12ᵉ Congrès dans le strict respect des Statuts et du Règlement intérieur.
APPELONS LE MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION
À prendre la pleine mesure de la gravité de cette situation ;
À user de ses bons offices pour prévenir tout trouble et toute escalade au sein de la corporation ;
À veiller à ce que le respect des textes, la transparence et la légalité président à la sortie de crise de l’UNJCI.
Nous affirmons avec force que l’UNJCI ne peut être défendue ni respectée si ses propres textes sont bafoués de l’intérieur.
Nous posons solennellement la question :
Veut-on réellement servir l’intérêt supérieur de l’UNJCI, ou seulement prolonger des mandats arrivés à terme ?Nous choisissons, pour notre part, la défense de la légalité, de l’alternance démocratique et de l’intégrité de notre organisation,
Et nous maintenons notre ferme protestation contre la tenue de ce congrès extraordinaire illégal.
Pour le Collectif des journalistes pour le respect des textes de l’Unjci
Membres du Congrès de l’Unjci
Le Porte-parole principal
Etienne Narcisse Atta